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CENTURION A LA RETRAITE

LE CHEMIN DU DEVOIR EST TOUJOURS PROCHE, MAIS L'HOMME LE CHERCHE LOIN DE LUI
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jacques BOULBIN

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Elevé au grade d’officier dans l’ordre de la Légion d’Honneur
Le 1 octobre 2008 sur le front des troupes
Au 8e Régiment de parachutistes d’infanterie de Marine
ou il servit pendant 23 ans.

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8eme RPIMA en afghanistan
envoyé par b2oba69
April 22

Les drones aériens

Sans remonter jusqu’aux bombardement de Venise lancés en 1849 à partir du Vulcano autrichien avec des ballons chargés d’explosifs, l’origine des drones peut être trouvée dans les tentatives de torpilles aériennes de la première guerre mondiale, associant dès 1916 un avion sans pilote et un gyroscope embarqué.

Le premier drone français a été conçu, réalisé et expérimenté dès 1923 à Étampes par l'ingénieur Maurice Percheron et le capitaine Max Boucher ; mais l'armée française ne trouva pas alors d'intérêt à cette nouvelle technologie

La phase suivante dans les années 1930 fut l’emploi d’avions-cibles autonomes tant au Royaume-Uni qu’aux États-Unis d’Amérique où le Radioplane OQ-2, avion de taille réduite télé-piloté, fut construit en grande série.

L'armée allemande développa à partir de 1938 des vecteurs guidés à distance sous la forme de bombes planantes anti-navires et de bombes antichar, radioguidées et de véhicules à chenilles filoguidées.

Les avions sans pilote V1 et le missile V2 allemands de la deuxième guerre mondiale étaient-ils des drones ? Plutôt des bombes volantes, mais le V1 à aile droite et pulsoréacteur dorsal a servi de modèle à des avions-cibles, drone en anglais.

Le grand essor des drones date de la guerre de Corée et de celle du Viêt Nam. A cette époque de la guerre froide, le drone a été développé de façon confidentielle par les États-Unis d’Amérique comme un moyen de supériorité stratégique et de rupture capacitaire devant permettre la surveillance et l’intervention militaire chez l’ennemi sans encourir les risques humains que l’opinion ne supportait pas. Cette supériorité a été acquise au travers de l’innovation technologique surtout dans les domaines de l’automatique et des transmissions.

Les transferts vers Israël de certains systèmes ont permis à ce pays de développer de façon pragmatique une collection de drone à vocation tactique à courte et moyenne portée et à transmission directe de données.

Les drones ont été ensuite de tous les conflits et opérations de maintien de la paix. Il a notamment été utilisé au Kosovo ou au Tchad ou contre la piraterie maritime, par les Américains qui l'ont introduit en 2009

En anglais un drone désigne aussi un faux-bourdon (mâle de l'abeille). Le nom a été donné dans les années 1930 au Royaume-Uni par dérision à des Queen Bee, version automatisée de DH.82 Tiger Moth afin de servir d'avions-cibles : leur vol bruyant, lent et paresseux ressemblait plus à celui du bourdon à la vie éphémère qu'à celui d'une reine abeille...Le nom de drone est resté.

Dans le monde anglo-saxon ce terme de drone est surtout utilisé pour les avions-cibles. Les aéronefs automatisés ou sytèmes associés de mise en oeuvre sont appelés UAV (Unmanned Aerial Vehicle, soit véhicule aérien non habité) et de plus en plus souvent UAS (Unmanned Aerial System, système d' aéronefs non habités).

Perdant de vue la référence apicole, l’usage du mot « drone » pour décrire des véhicules ou robots terrestres, de surface ou sous-marins dotés d’autonomie est une particularité bien française. La classification américaine des mobiles autonomes sans pilote en UAV/UAS (unmanned air vehicle / unmanned aircraft system, véhicule/système aérien non piloté), USV/USS (surface), UUV/UUS (sous-marins), UGC/UGS (robots terrestres) est la plus généralement utilisée dans le monde.


L'on parle de plus en plus souvent de systèmes de drones. En effet, le drone lui même est le constituant d'un système qui est composé :

  • d’un ou plusieurs vecteurs aériens équipés de capteurs de détection ;
  • d’une ou plusieurs stations au sol de commande et de recueil des détections ;
  • de liaisons de données entre le vecteur aérien et la partie au sol.

Le terme drone désigne la plupart du temps le seul vecteur aérien équipé.


La famille des drones comprend plusieurs catégories :

  • les mini drones ;
  • les drones tactiques, lents ou rapides, à voilure fixe ou tournante appelés TUAV (Tactical Unmanned Air Vehicle) ;
  • les drones volant à moyenne altitude et de grande autonomie appelés MALE (Medium altitude Long Endurance) ;
  • les drones volant à haute altitude et de grande autonomie appelés HALE (High Altitude Long endurance) ;
  • les drones de combat, encore appelés UCAV (Unmanned Combat Air Vehicle).
Drone des douanes des États-Unis

Engins volants de taille réduite, moins chers et plus simples à mettre en œuvre qu'un aéronef (la présence d'un pilote étant l'un des éléments les plus dimensionnant pour la conception d'un tel système), ils sont également plus discrets et leur perte n'est pas aussi lourde de conséquence que celle d'un appareil complet et de son pilote. Ils représentent une alternative intéressante aux pays dont le budget est limité ainsi qu'aux terroristes potentiels (étatiques ou non), grâce à leur faible coût de fabrication et d'utilisation.

Au fur et à mesure que les technologies, informatiques notamment, progressent, les drones peuvent être utilisés comme plate-forme de désignation de cible ou comme armes. Ils sont aussi utilisés comme précurseurs d'opérations, souvent à des fins de recueil de renseignements. Ses missions sont alors de la surveillance et de la reconnaissance.

Leurs applications civiles incluent les contrôles sur le trafic, les opérations de recherches aériennes et de sauvetage, la récolte de données pour la prédiction météorologique, le relais d'informations...

Leurs tailles sont variées : de quelques centimètres à plusieurs mètres. Leurs formes également, tout comme leurs types de propulsion : certains sont équipés de réacteurs, d'autres d'hélices, quand d'autres utilisent des rotors, à l'instar des hélicoptères. Des drones terrestres commencent à faire également leur apparition.

Enfin, certains servent tout simplement de démonstrateurs technologiques, validant à moindre coût, grâce à la réduction d'échelle et donc la quantité de matériaux nécessaires, certaines formules aérodynamiques ou certains équipements, sans pour autant risquer la vie d'un pilote d'essais.

Ce type de tests permet d'atteindre les limites d'un appareil, en dépassant celles que peut supporter un pilote (+9g/-3g maximum), afin d'en confirmer la solidité.

Pilotage d'un Predator depuis une station au sol
Predator en vol
Le Barracuda à Manching
X-45, le futur des avions de combat ?

La classification des drones est un exercice très difficile, dans la mesure ou elle est différente selon les pays.

Les drones aériens peuvent être classés selon trois critères :

  • l'altitude : l'altitude considérée est l'altitude de croisière avec les ordres de grandeur suivants : les moyennes altitudes 5 000 m < h < 8 000 m ; les hautes altitudes : h > 17 000 m ;
  • l'endurance, définie comme le temps que peut passer l'aéronef en vol, c'est-à-dire l'autonomie. Un ordre de grandeur d'une endurance dite longue est de 40 à 50 heures ;
  • la longueur.

Le domaine technique des drones peut se décomposer en trois segments :

  • drones tactiques ou TUAV (Tactical Unmanned Air Vehicule) ;
  • drones de moyenne altitude et longue endurance (MALE) permettant d'utiliser une charge utile de l'ordre de 100 kg ;
  • drones de haute altitude et longue endurance (HALE).

Le segment tactique se décompose lui-même en cinq segments :

  • micro-drones (Micro Air Vehicule ou MAV), qui s'apparentent plus à des modèles réduits ;
  • drones de très courte portée (TCP) ;
  • drones moyenne portée lents (multicharges multimissions ou MCMM lents) ;
  • drones rapides basse altitude (MCMM rapides) ;
  • drones maritimes tactiques (DMT).

Principaux drones par pays

Drone ORKA de EADS
  • Torpille modifiée en drone sous-marin (UUV : Unmanned Undersea Vehicle)
  • Drone pour des prises de vues aériennes
  • Drone terrestre (UGV : Unmanned ground Vehicle)
  • Drone terrestre de combat (UGCV : Unmanned Ground Combat Vehicle )
  • Drone terrestre autonome (AUGV : Autonomous Unmanned Ground Vehicle)
  • Drone terrestre miniature (SUGV : Small Unmanned Ground Vehicle).
  • Drone naval de surface (USV: Unmanned Surface Vehicle)
  • Drone naval de surface autonome (AUSV: Autonomous Unmanned Surface Vehicle )
  • Drone hydrographe(HUSC: Hydrographic Unmanned Surface Craft)
  • Drone sous-marin autonome a énergie solaire (SAUV: Solar-powered Autonomous Underwater )
  • Drone sous-marin autonome (AUV: Autonomous Underwater Vehicle )
  • Drone sous-marin (UUV: Unmanned underwater vehicle )
  • Micro sous-marin ( MUV: Micro-Underwater Vehicle )

April 18

L’ISLAM ET LE CHRISTIANISME

         L’Islam et le Christianisme sont deux religions monothéistes, c’est-à-dire dont la doctrine n’admet qu’un seul Dieu. De plus, leurs racines sont communes. Ils ont le même tronc spirituel et dogmatique et se réfèrent au même Livre révélé : (X.94) « Si tu es dans le doute sur ce qui t’a envoyé d’En-Haut (Le Coran) interroge ceux qui lisent les Ecritures envoyées avant lui. La vérité t’est venue de ton Seigneur ; ne sois donc pas du nombre de ceux qui doutent ».

         Cependant, Mahomet ne reconnaît qu’un seul Dieu personnel, sans associé, à la fois immanent et transcendant ; il se distingue ainsi du christianisme, qu’il considère comme polythéiste, à cause de la Trinité. L’Islam n’est pas seulement une religion ; c’est aussi une loi, dont la source est le Coran, et qui règle tout le comportement du musulman. La Tradition ou Sunna est un ensemble de récits (hadîth) notés au VIIIe et IXe siècles, qui rapportent les paroles et les actes du Prophète et de ses adeptes avec minutie et maintes variations et contradictions. Elle doit servir à guider le fidèle qui doit prendre pour norme la conduite du Prophète.

         La valeur essentielle de l’Islam est sa foi en un Dieu unique, avec l’attitude religieuse qui correspond à cette foi, attitude d’adoration, de soumission résignée, de confiance en la Providence : c’est là son côté positif.

Cette base est réellement commune avec le christianisme. Mais c’est du caractère partiel de sa notion de Dieu que viennent les déficiences de l’Islam, ses différences avec le christianisme dont il dit être l’achèvement ; Foi, Espérance et Charité sont des valeurs communes aux deux religions ; mais si, pour le chrétien, la charité est la principale, pratiquée pour l’amour de Dieu et d’autrui, pour le musulman, c’est la foi qui est la primordiale.

Le Christianisme affirme la transcendance de Dieu comme une transcendance d’Amour, alors que l’Islam a tendance à croire que la plénitude de Dieu serait amoindrie par un amour réciproque plus intime entre Dieu et les hommes ; l’Islam a le sentiment écrasant de la majesté de Dieu, et pourtant cet amour est loin d’être exclu.

         Cependant on ne saurait demeurer indifférent à cette extraordinaire somme de contradictions, incluses dans le Coran, et sur lesquelles se sont usées au cours des siècles les forces de tous les théologiens obsédés par le chimérique espoir de réconcilier un jour les trois religions monothéistes. Ainsi est-on choqué par les tolérances du Coran sur certains points et par son paradis voluptueux. La loi de Jésus est généreuse ; elle ordonne le pardon, l’oubli de soi, le sacrifice, tandis que la loi de Mahomet prescrit le talion dans la vie sociale, et néglige les commandements suprêmes : « Tu travailleras ; tu ne tueras point. » Or le verset de la condamnation indique clairement que « Les chrétiens, les juifs et les idolâtres seront jetés dans les brasiers. Ils sont les plus pervers des hommes ».

Et c’est encore dans les textes que l’on trouve cet encouragement au djihad (la guerre sainte) : (IX, 124) « O croyants, combattez les infidèles qui vous avoisinent, qu’ils trouvent toujours en vous un rude accueil. Sachez que Dieu est avec vous et avec ceux qui le craignent ».

… « Nous intervenons dans les pays infidèles pour en diminuer l’étendue » (13,41)

… « Ne faites pas appel à la paix quand vous êtes les plus forts » (47,35)

         Pour expliquer la barbarie de ce peuple, on a dit qu’il y avait une relation entre la force physique de l’individu, « vif et dur à la peine, ne mourant que de vieillesse » et son état intellectuel beaucoup moins avancé. Il ne semble pas nécessaire de faire intervenir l’hypothèse d’une infériorité originelle raciale, l’explication la plus plausible et la plus simple étant que des millénaires de barbarie ne peuvent pas manquer d’avoir modelé les races et que, perdues dans cet univers de la terreur, elles se sont exterminées tout au long des temps historiques comme des fauves au fond d’une fosse.

Il semblerait en premier ressort que cette barbarie soit due au fanatisme religieux qui hante l’âme de chaque musulman. Ainsi, tous les chefs qui se sont succédés à la tête des expéditions guerrières ont toujours affirmé qu’ils étaient inspirés par Allah, et pour fanatiser leurs hommes, il leur suffisait tout simplement de prêcher la guerre sainte…

         Pour l’Islam, le monde n’est divisé qu’en deux territoires : le territoire de l’Islam (« dar el-islam ») et le territoire de la guerre (« dar el-harb »), c’est-à-dire le territoire non musulman, où la guerre doit être portée. Les intentions de l’Islam, de tout l’Islam, sont claires : l’ordre islamique doit régner partout par le Djihad, la « guerre sainte ». Tous les jours les déclarations de responsables musulmans le confirment.

         La « conversion par le sabre », la possibilité du recours à la « guerre sainte », à la force pour répandre la foi, même s’il y a été le plus souvent fait appel contre des hérétiques musulmans, est contraire au message de paix du Christianisme. Ce germe de révolte, entache gravement l’idéal élevé de cette religion. Le résultat est d’ailleurs loin d’être probant pour la valeur, l’unité de la foi musulmane elle-même : d’abord car les populations étrangères pliées sous le joug des envahisseurs arabes affectent de se convertir par opportunisme, passivité, crainte, donc risquent de manquer de profondeur dans la vraie foi ; ensuite car le recours à la « guerre sainte » risque de devenir une arme politique dans les mains d’aventuriers, de candidats dictateurs parfois désislamisés, ou d’impérialistes étrangers parvenant à convaincre les musulmans de leur identité de vue avec eux (durant la guerre d’Algérie, par exemple). C’est d’ailleurs l’usage qu’a fait de l’Islam la classe dirigeante du peuple arabe nomade d’Arabie aux rudes instincts, au lieu de s’améliorer comme le voulait Mahomet.

         A l’opposé de cette doctrine philosophique et religieuse, le Christianisme appelle ses fidèles à mettre en pratique dans leurs actes les principes élevés qu’il leur enseigne ; mais il ne prêche pas la révolution contre des gouvernements non-chrétiens, seulement il interdit d’obéir à un ordre contraire aux commandements de Dieu (assassiner).

         De barbarie en barbarie on a, par conséquent, laissé aux arabes qu’une pseudo-religion sans dogmatique et sans morale, avec quelques pratiques extérieures qui ne touchent pas la conscience. Par la suite, les théologiens de l’Islam, qui ne sont au fond que des juristes et des casuistes, ne sont jamais montés jusqu’à la notion de la loi morale, expression de la volonté divine pour la conduite de la vie humaine sur terre. Ils ont ainsi fait perdre à tous les sectateurs du « Prophète » le sens du péché, de la faute morale. Il n’y a que des fautes légales qu’on efface par une formule et, dans les plus grands crimes, par la profession de foi : « Allah akbar ! ». On a supprimé la conscience. Jamais on n’a enseigné aux enfants, au nom de Dieu, comme étant un commandement divin, nos devoirs envers lui. Jamais on ne leur a dit, sous forme d’ordre divin : « Tu ne mentiras pas, tu ne voleras pas, tu ne tueras pas… »

Voilà pourquoi nous voyons ici et là commettre tous ces crimes chaque jour avec une férocité inouïe sans que jamais ces âmes éprouvent une inquiétude. Les pires criminels ne perdent même pas l’estime de leurs coreligionnaires. L’Islam, comme les pharisiens, repousse les idoles, mais il a respecté le paganisme avec ses hideurs morales et ses superstitions. Il a gardé l’esclavage, ce qui, en dehors de son caractère odieux d’injure à la dignité humaine, a entraîné le mépris du travail, surtout du travail de la terre qui est le plus pénible, ce qui explique l’état désertique des terres païennes, l’immense misère de tous ces pays, les famines qui les ravagent, l’ignorance totale de tant de millions d’hommes. Heureusement, pour bon nombre de pays islamiques, il y a le pétrole, vecteur de richesse !…

Païen encore le mépris de la femme, déchue de sa dignité humaine et devenue pur instrument de plaisir : Esclavage, enfance dominée, mariages forcés, lapidations, enfermement à vie, humiliations, soumission, exclusion... La liste est longue, tout aussi longue que les interdits qui pèsent, aujourd’hui dans le monde, sur des millions de femmes dépourvues de tout droit.

Par la prédestination absolue, l’homme, privé de toute liberté, n’est plus que le jouet d’un destin rigide. Tout est écrit : l’homme n’a plus qu’à s’abandonner à l’immobilité et à l’inertie. Ainsi, sous l’empire de cette croyance funeste, les musulmans sont devenus incapables de toute prévoyance, de toute activité et de tout progrès ; ils s’inclinent sous le fatalisme qui les écrase. S’ils sortent de leur léthargie, c’est lorsque la voix du fanatisme les appelle à la guerre sainte et à l’extermination des « infidèles ».

Religion facile évidemment que l’Islam puisqu’elle n’impose à ses adhérents aucune contrainte morale. Et soyons bien sûrs que cette facilité lui vient de sa vaste et rapide diffusion avec l’attachement que lui gardent les mahométans. Mais comment peut-il se trouver des hommes politiques, des catholiques instruits, des prêtres et des évêques qui en parlent comme d’une religion respectable, qu’on met sur le même pied que le christianisme parce qu’il est monothéiste ? Quelle aberration et quelle sottise !

Et la plus belle des conclusions nous vient de Chateaubriand : « Il a fallu que le Christianisme vînt chasser ce peuple de fauves, de satyres et de nymphes, pour rendre aux grottes leur silence et aux bois leur rêverie. »

April 17

L’esprit para, c’est quoi ?


C’est un sujet dont on parle beaucoup malgré sa tendance à disparaître ou se modifier, mais peu en connaissent la signification exacte.

C’est avant tout un état de solidarité d’un genre fraternel entre les membres d’une corporation différente dans une communauté.
Il se manifeste par la matérialisation d’entraide et de soutien en toutes circonstances entre les membres de cette corporation.
On peut dire que cet état d’esprit a évolué en trois phases dans le milieu para.



1/ - Génération paras de la France libre.

C’était l’époque de la guerre patriotique ou les soldats étaient des engagés. Les théâtres d’opérations avaient lieu entre belligérants de civilisations européennes. Les paras étaient dénommés S.A.S. nom d’appellation anglaise du Spécial Air Service.
Unités toutes nouvelles et utilisées suivant des méthodes non conventionnelles, les S.A.S. étaient peu nombreux et subissaient un entraînement lui aussi peu conventionnel. De plus, le fait de franchir la porte d’un avion en vol les faisait considérer comme des casses cou en leur donnant néanmoins un prestige de courage que le commun des mortels n’avait pas. Ils formaient donc une sorte de caste à part.
Par la suite les effectifs paras ayant considérablement augmenté, l’admiration pour ces gens assez fous pour se jeter dans le vide diminua quelque peu avec l’habitude et le nombre de ce qui était considéré au début comme un exploit. Elle fut toutefois remplacée par leurs brillants résultats opérationnels obtenus à la suite de cette formation spéciale à laquelle ils étaient soumis. Actuellement, sauter en parachute est devenu quelconque et n’a plus rien d’exceptionnel. C’est devenu un sport à la mode pratiqué par une nombreuse jeunesse aussi bien garçons que filles.



2/ - Génération paras d’Indochine.
C’est certainement dans la génération paras d’Indochine que l’on trouvera le paroxysme de cet état d’esprit, mais pour des raisons assez différentes.
Contrairement à ce que certains historiens prétendent, l’Indochine n’était pas une guerre patriotique. Le jeune engagé partant pour cette lointaine colonie y recherchait surtout l’aventure et l’exotisme mais quelques fois aussi pour certains, la conviction ou l’oubli d’engagements politiques, ce qui dans une unité de commandos parachutistes le rendait très volontaire. Ce fut aussi une campagne où les paras furent le plus utilisés comme parachutistes au sens propre du mot, c’est à dire pour des opérations de combats avec saut en parachute.
Super entraînés avant leur départ et expérimentés par leur habitude du terrain, ils étaient intensément utilisés pendant leur séjour.
On retrouvait dans ces unités, la même psychologie que chez les S.A.S, mais avec la différence que les théâtres d’opérations étaient entre belligérants de civilisations différentes. D’autre part, isolés et bien loin de leur famille, plus critiqués que soutenus par leur pays; ils se trouvaient seuls et davantage obligés de resserrer les liens entre eux, par nécessités.
Les combats, souvent très violents avaient lieu dans une nature sauvage transformant l’évacuation des blessés très problématique. L’hélicoptère n’existant pas encore, il ne fallait donc compter que sur les copains .Tout cela aussi créa un état d’esprit à part que l’on retrouvera d’ailleurs pendant la bataille de Dien Bien Phu quand les paras de réserve, bien que sachant la bataille perdue étaient malgré tout volontaires pour les derniers parachutages “ pour aider les copains “.
Cet état d’esprit était encouragé et partagé à tous grades, l’officier subissant les mêmes épreuves que le simple para. On retrouvera cet encouragement jusque dans certaines devises des unités, exemple la devise des commandos Pontchardier, reprise par le 2° BCCP - S.A.S.
Cet état d’esprit fut assez fort pour survivre à la séparation avec l’époque militaire et se retrouve toujours chez ces vétérans qui subirent ensemble les mêmes épreuves.



3/ - Génération paras d’Algérie.
L’aspect psychologique de la génération paras d’Algérie fut tout à fait différent des générations précédentes.

Ce n’était ni une guerre patriotique ni une guerre de jeunes coureurs d’aventures, ce n’était même pas une guerre reconnue comme telle, puisque le pouvoir en place ne reconnaissait que des opérations de maintien de l’ordre. Les combats toutes proportions gardées étaient plus sporadiques et beaucoup moins meurtriers.
Les unités parachutistes comprenaient quelques engagés mais surtout des appelés du contingent encadrés et commandés par un certain nombres de gradés ayant eu l’expérience de l’Indochine. Un grand nombre d’officiers étaient aussi à l’origine des appelés du contingent rapidement formés dans les écoles militaires, pour les nécessités du moment. Ces unités n’étaient plus engagées en opérations parachutées et disposaient d’une infrastructure d’hélicoptères qui résolvait les problèmes opérationnels et les évacuations sanitaires.
Les conditions et confort de vie étaient bien meilleurs. La famille et les parents pas très loin et facile à joindre ne serait-ce que par téléphone. Plusieurs permissions étaient accordées pendant le séjour.
L’état d’esprit para existait certes, mais il était différent et surtout né de la fierté d’appartenir à une unité paras sans toutefois y retrouver systématiquement le volontariat de l’Indochine et de la France Libre, ce qui toutefois ne leur enlevait pas le courage et l’efficacité dans les engagements sur le terrain.
En cours de séjour, il n’était pas rare d’entendre chanter “ La Quille “, chanson inconnue dans les autres générations de paras. La solidarité entre les hommes était donc d’une intensité relativement plus faible et l’esprit de bloc corporatif disparaissait peu à peu avec le retour à la vie civile.
Mis à part le copinage traditionnel de quelques anciens de régiment, la fraternité corporative et l’esprit de soutien disparaissaient rapidement dans un individualisme de fait, malgré la conviction contraire de quelques éléments nostalgiques de gloires manquées à la remorque d’un prestige paras que la plupart n’ont pas connu dans toute sa réalité.



4/ - La Génération actuelle. .
Plusieurs jeunes paras se sont étonnés de ne trouver aucun commentaire sur la nouvelle génération paras. La raison est tout simplement : celle de rester objectif.

Il nous est difficile à nous les anciens, de nous faire une opinion parce que " nous ne sommes plus dans le coup ".

Pourtant, sans forfanterie je crois que la relève est bonne et cela nous met du baume au coeur, car il est juste de constater que les paras actuels semblent avoir repris le flambeau et l'esprit des anciennes générations de combattants. Celles-ci n'oubliant pas, que ce sont les événements qui commandent et que la grandeur du para comme sa force c'est de savoir s'adapter au cours des choses.

J'ai personnellement constaté à plusieurs reprises combien ces jeunes paras ont la tenue, l'ardeur et la foi dans leurs missions souvent difficiles, et rendues ingrates par les subtilités de la politique mondiale actuelle. Leur aptitude à ces missions peu communes demandant toujours un sang froid exemplaire est sans doute le résultat de leur formation dans un professionnalisme compétent.

Une belle et saine jeunesse avec qui il faudra compter demain.

http://perso.wanadoo.fr/unpara


 
Jean ROSIER 04 février 2004

April 16

Démocratie et terrorisme – Le visible et l’invisible

A première vue tout les oppose. La démocratie suggère un cadre institutionnel propre à l’exercice d’un pouvoir raisonnable. A son opposé le terrorisme échappant aux contraintes de l’Etat de droit exerce un pouvoir moins saisissable, frappant par sa violence aveugle. Pourtant tout observateur extérieur ne peut être aveugle lui-même face à un terrorisme en perpétuelle recherche de visibilité. Ainsi, au travers de perspectives illustres, celle de Napoléon pour qui sont terroristes toutes les opérations d'une guerre irrégulière menée par des combattants sans uniforme contre d'autres en uniforme, celle de Lénine pour qui le propre du terroriste est de terroriser, ou celle d’André Glucksman pour qui le terrorisme est l'attaque délibérée menée par des hommes en armes contre des populations désarmées, chacune de ces caractéristiques - illégitimité, peur, violence – est aussi utile qu’insuffisante pour tenter de saisir le phénomène terroriste dans sa totalité. Et de cette insuffisance peut s’esquisser la présente tentative de conceptualiser ces réalités nouvelles à partir d’une dialectique inédite. Une philosophie qui cesse de se consacrer exclusivement à l’éloge de la non-violence pour s’offrir en soutien conceptuel de la géopolitique, tout en maintenant l’exigence d’argumenter en partant du réel. Nous lui emprunterons donc ici l’exemple du Hamas et du Hezbollah en tant que particularité politique nouvelle au Proche Orient. Le degré de fanatisme notamment religieux qui anime ces groupes complète ici notre approche du phénomène terroriste, mais le désolidarise aussi de ses autres – et très nombreux – visages (notamment au travers des innombrables luttes strictement indépendantistes). Que le lecteur lise ces lignes en ayant cette position à l’esprit.

 

Au regard de son histoire et au travers des propriétés que nous lui avons empruntées ci-dessus, le terrorisme semble donc s’afficher en évidente incompatibilité avec la démocratie. Pourtant les récents mouvements entamés par des groupes comme le Hamas ou le Hezbollah vers la politique témoignent d’une singulière transformation historique. Lorsque la guerre ne se concevait qu’entre Etats souverains, Clausewitz l’immortalisait comme le prolongement par d’autres moyens de la politique. Mais alors que les conflits qui sillonnent la scène géopolitique moderne ont complexifié les rapports de force, il convient de nous demander - après d’autres - si la politique ne peut pas être aujourd’hui l’extension de la guerre par d’autres moyens. Le point de départ donc, d’une philosophie qui pourrait permettre de faire la lumière sur la tension conceptuelle entre démocratie et terrorisme.

 

Il n’est ainsi plus discutable qu’une large frange du terrorisme semble tentée d'acquérir une partie du pouvoir politique. En témoignent le Hamas, dont les députés ont largement emportés les élections législatives de l'Autorité Palestinienne en 2006 (74 sièges sur 132), et du Hezbollah, acteur politique incontournable au Liban (occupant 14 des 128 sièges du parlement). Mais force est de s’interroger si, persuadés du bien-fondé des dogmes qu’ils défendent, les acteurs du terrorisme peuvent réellement concevoir un compromis – propre de tout système démocratique – très souvent synonyme d’inflexion idéologique. Peuvent-ils partager ou céder un pouvoir dont l’Histoire démontre que la force s’offre en remède de sa perte ? Perdre le pouvoir politique est souvent pire que de ne pas le gagner, en témoigne le choix longtemps assumé des Frères Musulmans d’opter pour la seconde alternative (et même dans une certaine mesure du Hamas jusqu’en 2005). Car en jouant le jeu de la démocratie ces groupes se retrouvent face à ses règles inédites pour eux, comme – rappelons les définitions posées – une canalisation institutionnelle du pouvoir empêchant toute peur ou violence illégitime. Une responsabilisation politique qui si elle était respectée pourrait ainsi entraîner un abandon de ce qui faisait leur identité et l’instrument de leur lutte. Ce qui soulève une nouvelle et paradoxale espérance : la victoire politique du terrorisme serait-elle la défaite du terrorisme ?

 

Une première indication permettant d’appuyer cette hypothèse est l’acte de sujétion assumé envers certains grands principes politiques. Citons la participation à des élections dans un cadre démocratique, qui constitue une soumission envers des règles établies antérieurement et par d’autres que soi (qui peuvent être dans le camp opposé). Puisqu’il est évident que les avantages attendus en contrepartie de cette soumission découlent de ces même règles – l’exercice du pouvoir légitime – on peut alors parler de rationalisation de ces groupes terroristes et poser le délicat rapprochement entre terrorisme et politique. Car nous devons noter que l’acte terroriste se tarit (officiellement tout du moins, voir plus loin) lorsque des groupes assimilés comme terroristes entrent en politique. En effet leur légitimité soudaine pourrait être perdue dès lors qu’ayant accédé au pouvoir politique ils emploient des outils contre lesquels la politique s’érige. Ce renoncement officiel à la terreur pour les exigences de la politique et des règles de droit antérieures - et surtout supérieures - marque une avancée notoire de ces dernières décennies. Ainsi en est-il de la démission récente du leader politique du Hamas (Ismaïl Haniyeh) sur ordre du président de l’Autorité Palestinienne, M.Abbas. Le Hamas bien que contestant la mesure fait preuve alors de rationalité car ne peut qu’accepter la souveraineté – et donc la domination - de la loi politique, ici l’article 45 de la Loi fondamentale palestinienne qui autorise le Président à destituer son Premier ministre (même si les décisions suivantes de Mr Abbas comme la nomination de Mr Fayyad au poste de nouveau Premier ministre ont été elles fort peu légales).

 

Pourtant force est de constater que cette ligne de conduite est parcourue par d’importantes fractures, celle de l’imprévisibilité des actes la première (le Hamas prenant possession par les armes de la bande de Gaza par exemple). Cette marque des organisations terroristes s’oppose de manière évidente aux exigences de la démocratie qui s’érigent sur l’idée de conformité avec la norme établie, donc sur une certaine forme de prévisibilité. Mais pourquoi se fait-elle si absente lorsqu’il s’agit des groupes terroristes ?

 

La similitude étymologique appuie ici l’enquête philosophique. L’imprévisible n’est séparé de l’invisible que par la modalité du temps : en d’autres termes l’invisible d’aujourd’hui est l’imprévisible de demain. En effet, l’acte de prévoir suppose de simuler logiquement l’action du temps sur des facteurs observables. La possibilité de l’observation se pose donc en prémisse du raisonnement, sans quoi toute prévision s’affaiblit au mieux en conjecture, au pire en prédiction attentiste. Or contourner cet écueil se heurte au fait même que les arcanes du pouvoir de ces groupes se présentent derrière des masques. Ainsi si la direction du Hezbollah se trouve sous celui des ingérences syriennes et iraniennes, celle du Hamas outre son financement par certains Etats du Golfe est bicéphale, sans homme fort – à l’inverse du Hezbollah - et a pris la décision d’éteindre la lumière sur son état major (officiellement depuis 1995 pour se protéger des attaques israéliennes). A cela s’ajoute aussi l’action des milices qui bien qu’officiellement subordonnées aux directions politiques oscillent entre bras armés disciplinés et guérilleros n’hésitant pas à porter leur lutte de manière autonome (ainsi l’illustrent les attentats suicides de juin 1995 par les brigades du martyr Ezzedine al-Qassam qui dévoilent les divergences internes au Hamas). Enfin la distribution individuelle de la loi divine – potentiellement apte à concurrencer la loi du chef – pressurise d’autant plus les fragiles vertèbres idéologiques de groupes déjà tentés par les raccourcis dogmatiques. On comprendra donc que l’observateur – comme la société civile mandataire – fasse le constat d’une impuissance à décrypter un pouvoir façonné par tant de composantes qu’aucun dirigeant ne cherche à éclaircir. Car c’est aussi cette invisibilité qui empêche de dégager les responsabilités personnelles et d’appliquer les sanctions prévues par la règle démocratique. On conçoit alors que cette impossible solidarité organisationnelle ne freinera pas plus le Hamas ou les factions s’en réclamant après la destitution d’Ismaïl Haniyeh qu’il n’arrêterait les velléités d’Al Qaida avec l’anéantissement d’Oussama Ben Laden.

 

En touchant là à l’invisible du politique, il devient délicat de nommer démocratie autant d’opacité et de poursuivre le rapprochement entamé. Car c’est bien derrière ce voile épais que se trament les activités violentes qui écroulent les frêles constructions démocratiques dans la région. Si l’intégration démocratique de groupes nés terroristes suit un mouvement légitime au regard de leur popularité et de leurs intérêts, l’exercice de leur nouveau pouvoir ne remplit pas aujourd’hui les conditions pouvant permettre le « vouloir-vivre collectif » selon le mot d’Ernest Renan. Là où la démocratie moderne en ayant séparé les pouvoirs a permis d’en discerner les influences respectives, les organisations terroristes ayant l’Islam pour tradition – donc la confusion des pouvoirs politiques et religieux – et des modes d’action violents pour habitude semblent encore tendre à les fusionner dans une entière opacité. Et donc d’imprévisibilité vis-à-vis du respect de la règle démocratique. Il n’est ainsi pas surprenant que toutes les tentatives d’intégration politique de mouvances nées terroristes paraissent donc plutôt résulter en une instabilité institutionnelle qui provoque un retour à la violence illégitime et imprévisible (Hamas en envahissant la bande de Gaza, le Hezbollah incontrôlable par le gouvernement libanais). Le modèle philosophique que cet article a souhaité ébaucher est que s’agissant du pouvoir l’imprévisible est le principe dynamique qui dérive de l’invisible et que toute alternative démocratique viable ne peut se passer de l’application dans la société civile des concepts opposés : visibilité et prévisibilité. C’est bien pour répondre à cette exigence qu’après Locke et Montesquieu les révolutions américaines et françaises ont bâti des démocraties sur le principe de séparation des pouvoirs.

 

Avec ces bases conceptuelles posées, il apparaît difficile de présager que l’idéologie politique née du terrorisme puisse rapidement se fondre dans une démocratie plurielle. Dans le cas inverse que peut-être le temps fera éclore, s’il s’avère que l’intégration politique est une évolution durable et pacifique des groupes terroristes, cela pourrait conduire à appuyer un peu plus les théories neo-hegeliennes en confirmant en partie l’horizon démocratique indépassable de l’Histoire. A cette dernière de nous éclairer.


 

Hadrien SIMON avec la collaboration de Simon ASSOUN

April 13

Voici une petite histoire pas si étrange...


Jean Boudreau a commencé la journée tôt, ayant réglé son réveil-matin (fait au Japon) à 6 heures.
Pendant que sa cafetière (faite en Chine) filtrait le café, il s'est rasé avec son rasoir (fait à Hong-Kong).
Puis, il s'est habillé avec sa chemise (faite au Sri Lanka), son jeans (faits à Singapour) et ses chaussures (faites en Corée).
Après avoir cuit son petit-déjeuner dans son nouveau poêlon (fait en Inde), agrémenté de fraises (de Californie) et de bananes (du Costa Rica), il s'est assis, calculatrice en main (faite au Mexique), pour calculer son budget de la journée.
En consultant sa montre (faite à Taiwan), il a synchronisé sa radio (faite en Chine), puis est monté dans sa voiture (faite au Japon) pour continuer sa recherche d'emploi, entre deux fermetures d'usines (en France).
À la fin d'une autre journée décourageante, il décide de se verser un verre de vin (fait en Californie) en écoutant Britney Spears (refaite aux USA !), pour accompagner ses légumes (produits en Espagne), met ses sandales (faites au Brésil) et allume sa télévision (faite en Indonésie), et puis se demande pourquoi il n'arrive pas à se trouver un job,
ici, en France...
 


LA FRANCE ET LE RENOUVEAU DE L'ISLAM

par René SERVOISE, Ancien ambassadeur de France en Indonésie

 

Une mutation de notre nation est en cours, elle va se développant, profonde, mais incontrôlée. Vraisemblablement, insoupçonnée de l'immense majorité des Français.

 

Des centaines de milliers de familles musulmanes, originaires du Maghreb, du Proche Orient et de l'Afrique noire - dont la religion, les aspirations et les mœurs sont radicalement différents des nôtres -

vivent désormais sur notre sol. Le taux de fécondité est supérieur à celui des familles européennes. Conséquence ? D'ici un tiers de siècle, la population de culture islamiste pourrait être majoritaire chez les moins de quarante ans. "En France, nous aurons entre 6 et 8 millions d'Arabes dans les années 2005 - 2010", annonce Edgar Pisani, Président honoraire de l'Institut du monde arabe. Nous voici prévenus : il s'agit bien d'une transformation radicale (politique, économique, culturelle

et sociale) de notre société.

 

Cette mutation est en cours au moment même, où, pour reprendre l'expression de Toynbee "un prolétariat extérieur" se constitue sur les rives méridionales et orientales de la Mer Méditerranée. Cette armée de réserve s'explique par le taux de fécondité de ces peuples par l'absence d'un développement économique susceptible de leur assurer une vie décente dans leur patrie. Or, en face, il y a la France, l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne, terres de mirage, hautement développées, assurant des emplois, la gratuité de la protection sociale et de l'éducation. Qui pourrait résister à l'appel de cette "terre promise" ?

 

LA RE-NAISSANCE DE L'ISLAM

 

Au même moment, dans le monde entier, soulevé par d'immenses espoirs, l'Islam connaît un renouveau sans précédent. Il se réveille après une longue nuit, et a retrouvé vigueur, pugnacité et ambitions. Du Maroc à l'Indonésie, des Etats musulmans de l'Asie Centrale à l'Afrique noire,

plus d'un milliard deux cents millions d'hommes - jeunes par rapport aux peuples vieillissant d'Europe - constituent une "communauté" (Uma).

Elle est transnationale, animée d'aspirations spirituelles, revendications matérielles et ambitions politiques et, ici et là, financée par les revenus du pétrole.

 

En France, jamais les vagues successives d'Italiens, Polonais, Juifs d'Europe centrale, Espagnols et Portugais n'avaient posé des problèmes d'intégration comparables. Pourquoi ? Leur appartenance au rameau européen, leurs traditions religieuses et leurs ambitions à plus de libertés individuelles, facilitaient leur assimilation. Enfin - et ceci n'est pas la moindre raison - ces immigrants exprimaient une volonté de partager le destin du peuple - français. De s'y fondre. Or, l'intégration ne se décrète pas. Pour se réaliser, deux volontés sont évidemment nécessaires, elles doivent converger. Aujourd'hui, la situation est différente. Radicalement différente Une minorité active et déterminée parmi les Islamistes refuse l'intégration. Délibérément.

En communion intime avec l'Islam (sa matrice), elle est réceptive aux mots d'ordre de l'étranger, conseils spirituels, idéologie, appuis financiers. Et bien davantage. Non seulement elle entend maintenir son identité, mais réislamiser les non pratiquants, sinon convertir à la vraie religion les indigènes du pays d'accueil. L'Islam ne s'est jamais conçu comme minoritaire dans un Etat laïc, mais comme religion nécessairement majoritaire, comme le rappelle aujourd'hui Soheib

Bencheikh, mufti de Marseille. Comme l'annonçait, dès 1970, le Président Alija Izetbegovic, dans sa "Déclaration Islamiste", avant de transformer la Bosnie en "Iran des Balkans". Exalté par son renouveau, propulsé et par sa démographie et par son absence de développement économique, s'insinuant partout où il ne rencontre pas de résistance, l'Islam avance comme une vague.

Au nombre de mosquées se multipliant sur leur territoire (parfois avec l'assistance des hiérarchies catholique et laïques), mosquées animées par des imams à 96% de nationalités étrangères, les Français peuvent en mesurer la vitalité. Egalement à la perspective de voir - dans la seconde moitié du XXIème siècle - le catholicisme rétrograder en France au second rang, pour abandonner à l'Islam la première place.

 

Ainsi, deux dynamiques vont se développant : l'une à l'intérieur de nos frontières (accroissement du nombre de Musulmans) ; l'autre à l'extérieur (renaissance de l'Islam). Concomitantes et convergentes,

ces évolutions sont déterminantes pour l'Europe, et pour la nation française dont la stagnation démographique est alarmante.

 

MANE - THECEL - PHARES

Chaque nation s'exprime par une subtile, délicate et secrète balance entre rêves, ambitions et forces parfois contraires, transcendés par une aspiration commune à vivre ensemble et à réaliser ensemble de grandes choses. Cette identité nationale, est pour les uns, son âme ; pour les autres, son génie. Chaque nation est une plante aux racines nourries par un terroir et une Histoire, la fierté de son passé.

"Immédiate au coeur de Dieu", elle est unique et par là justifiée.

Combien de siècles, de guerres, de concessions, de sacrifices et d'oublis furent nécessaires pour permettre - finalement - à la France, l'Angleterre, l'Espagne et l'Allemagne de surmonter leurs divisions internes afin de devenir ce qu'elles sont !

 

S'il convient - comme le recommande Montesquieu - de toucher d'une main tremblante aux institutions, que dire du respect à manifester à l'égard de l'harmonie en profondeur de notre nation ? De sa composition interne - gage de sa permanence et de ses performances. Aux leçons tirées de

notre passé, le présent vient chaque jour multiplier les avertissements pour l'avenir. Comment se laisser aveugler au point de ne pas voir (les mêmes causes produisant les mêmes effets) la prolifération et l'exaspération des conflits ethniques et religieux tout autour de nous ?

 

En Asie : Sri Lanka ; en ex-Palestine (Juifs et Musulmans) en Turquie (Arméniens, Kurdes) ; au Cachemire ; en Chine, (Sinkiang Tibet) ; en Indonésie (Timor, Moluques, Bornéo, Irian Java).

En Afrique: Nigeria et Soudan (Musulmans et chrétiens) ;Rwanda.

En Europe : à nos portes, Chypre et ex-Yougoslavie (Bosnie, Kosovo, Macédoine).

Et nous, Français, après avoir dominé tant de frondes, insurrections et révolutions, liquidé nos querelles entre Catholiques, Protestants, Israélites et Libres penseurs ; entre nobles, bourgeois et prolétaires, nous laisserions se créer les conditions propres à des déchirements ?

Attention. Faute pour les Français autochtones d'être les plus nombreux nous voyons nos jours comptés. Faute de limiter le nombre d'immigrés : nous serons jugés trop légers dans la balance de l'Histoire. Faute d'affirmer une ambition nationale : nous préparons l'éclatement de notre nation.

Souvenez-vous. Un jour, à Babylone sur le mur de son palais, Balthazar vit s'inscrire, an lettres de feu, trois avertissements : MANE - THECEL - PHARES. Le prophète Daniel les traduisit :

"Dieu a compté tes jours".  "Tu as été jugé trop léger dans la balance de l'Histoire". "Ton royaume est voué à l'éclatement".

Pour nous, aujourd'hui, les avertissements viennent s'inscrire quotidiennement sur les écrans de nos télévisions. Mais, aucun prophète n'ose les traduire.

April 05

Afghanistan : légalisation du viol

Image Hosted by ImageShack.us02/04/2009 – 12h00
KABOUL (NOVOpress) –
Mieux que les Talibans. Soutenu à bout de bras par les forces militaires occidentales, le président afghan, Hamid Karzaï, vient de signer une loi légalisant le viol sur sa conjointe. En clair, le parlement compte octroyer aux hommes de confession chiite le droit de violer leur épouse sans crainte de représailles. De plus, la loi interdit aux femmes de sortir, de travailler ou d’aller chez le médecin sans la permission de leur mari.

Ce texte constituerait une concession à la minorité chiite hazara, à quelques mois d’une élection présidentielle qui s’annonce très difficile pour Hamid Karzaï.
Un « cadeau » pour s’assurer de l’appui, à ces prochaines élections, des musulmans chiites représentant entre 9 % et 19 % de la population.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon a benoîtement déclaré qu’en Afghanistan, « les femmes devraient être libres de travailler, d’enseigner et de vivre à l’abri de l’oppression et de la peur ». Il y a quelques mois, Nicolas Sarkozy légitimait la présence de soldats français sur le sol afghan « pour défendre la liberté ». Pour tous et toutes ?


[cc] Novopress.info, 2009, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

les pharmacies parisiennes bientôt obligées de décrocher leur enseigne cruciforme ?

Susceptibilité antichrétienne : les pharmacies parisiennes bientôt obligées de décrocher leur enseigne cruciforme ?


01/04/2009 – 08h00
PARIS (NOVOpress) –
Une association maghrébine parisienne, Paris-Beurs-Cités, a adressé il y a une dizaine de jours une lettre à la mairie de Paris afin de demander que soient « progressivement supprimées des devantures des pharmacies les enseignes en forme de croix ». La conseillère technique du Cabinet de Bertrand Delanoë en charge des cultes, Ilda Vrospinos, lui a officiellement répondu que sa demande allait être « examinée avec la plus extrême attention ».

L’association, qui se présente pourtant comme « non confessionnelle » et entend « regrouper les jeunes Français issus de l’immigration maghrébine afin de les aider à trouver leur place dans une société encore largement discriminatoire » explique sa démarche par le fait que « ce symbole religieux ostentatoire, vestige d’une époque révolue où la religion catholique était omniprésente dans notre pays » est susceptible de « heurter la susceptibilité des croyants non chrétiens mais aussi des personnes non ou antireligieuses » et « contrevient gravement au principe républicain de laïcité ». « Alors que la crise économique accroît les risques d’affrontements intercommunautaires, ces enseignes à forte connotation religieuse pourraient être ressenties par certains comme une forme de discrimination, voire comme une provocation », poursuit Paris-Beurs-Cités.

La demande pourrait bien aboutir si l’on en croit la réponse officielle de Mme Vrospinos, qui affirme dans la lettre qu’elle a adressée à l’association « comprendre pleinement [ses] préoccupations ». La conseillère technique indique qu’elle va « soumettre [la] demande à Bertrand Delanoë qui, n’en doutez pas, va l’examiner avec la plus extrême attention ». Elle précise également que le maire de Paris « qui a fait du “vivre ensemble” l’un des fondements de son engagement », « est très attentif à la bonne entente entre communautés » et qu’il est « pleinement conscient du caractère néfaste de certains anachronismes ». Une dernière phrase lourde de menaces…


[cc] Novopress.info, 2009, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine
[http://fr.novopress.info]

March 20

La bas en Asie centrale

La bas en Asie centrale

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 En Afghanistan à 7OOO km de paris, Quelques 3000 soldats français servent leur pays au sein des forces de l’OTAN.

La France est présente depuis 2001 sur cette terre austère entre les chaleurs torrides de l’été et le froid glacial des hivers devenus trop courts pour les Afghan.

Que ce soit à kaboul ou dans la fameuse vallée de l’USBEEN à l’est, ou en KAPIZA,les soldats français sous commandement français pour le RCC « régional central command et sous commandement Américain pour le RCE « régional command east » patrouillent 24H/24H dans la poussière, en pleine montagne ou l’on trouve quelques pistes bien étroites qui culminent à presque 3000 M pour les plus hautes.

 

SPER KUNDAI

 

 

 

 

SUROBI

 

 

Sous commandement français et donc plus centrés à KABOUL les forces françaises s’articulent principalement autour du BATFRA sans oublier les personnels engagés dans les OMLT directement au contact de l’armée afghane.

Sous commandement Américains à 4h00 de route et piste de kaboul ou à 30 min d’hélico se trouve la force TIGER ex TASKFORCE CHIMERE du 8.

 

 

Chaque taskforce possède sa ou ses FOB (forward operational base).ces fob se trouvent en général dans des zone reculées ou le risque est omniprésent mais restent bien protégées.la vie de nos soldats y est,presque confortable et leur permet surtout de décompresser entre les sorties en patrouille.

 

La vie est rythmée par la conduite d’opérations de grande envergure qui amènent nos soldats au fond des vallées encaissées de ce pays.

Les patrouilles ou opération sont conduites en toute prudence sous blindage ou à pied avec l’appui systématique des hélico ou de la chasse.

L’armée afghane participent à ces opérations et tend même à devenir leader en la matière.les forces de l’OTAN viennent de plus en plus en soutien des opérations menées par les l’ANA (afghane national army)

 

 

 

 

 

Les insurgés pour ne pas dire l’ennemi sont présents. Avec l’été les frontières s’ouvrent et les chemins de montagnes qu’ils connaissent parfaitement les conduisent dans les zones de responsabilités de nos soldats.

 

Ils sont la, invisibles la plupart du temps, fondus dans la population qui tente simplement de survivre dans ce pays ruiné par 30 ans de guerre.

 

Au bord des pistes, dans les champs ou encore en plein marché, ils circulent observent se renseignent se renforcent cachent leurs armes et munitions sur le terrain.

Ils sont légers rapides et particulièrement « furtifs »Parfois bien armés avec leur FM mortier de 82 et RPG7.les montagnes sont leur refuge d’où ils viennent frapper. Souvent bien renseignés par quelques « sonnettes » placées en ville pour nous suivre à la trace.

 

 

 

 

 

L’embuscade préparée ou d’opportunité, le harcèlement, la pose d’IED « engin explosif improvisé »sont leur mode d’action.

Difficile pour les forces de l’OTAN d’anticiper face à ces insurgés organisés et surtout aguerris sur leur terrain.

 

Malgré les risques nos soldats s’enfoncent de plus en plus dans les vallées occupent et tiennent le terrain.

Ils aident la population au travers d’opération de délivrance de matériels de première nécessité.

Il faut les convaincre, les aider à relever la tête les écarter de ces insurgés qui font de la propagande contre l’OTAN.la bataille est difficile mais l’OTAN ne désarme pas en particulier nos soldats français qui savent aller vers les populations.

Même si les déplacements à pied sous le poids de nos matériels sont durs, les paras sont au cœur de leurs savoirs faire.la rusticité la cohésion et l’esprit guerrier de nos parachutistes est un atout considérable dans ces missions.

 

GAGNER LES COEURS

 

 

Nos soldats, en afgahnistan, sont désormais bien équipés.

Certes le nouveau gilet pare balles est lourd (17kg) mais il est d’une protection indispensable.

Le treillis « félin » permet une plus grande amplitude de mouvement.

La musette patrouille en dotation sur le théâtre permet l’emport de 24h00 de vivre et de munition.

L emploi des helico devient indispensable pour se rendre en sûreté dans les zones les plus reculées.

 

Les aides à la visée même nocturnes sont sur toutes les armes individuelles et collectives.

Notre seule faille reste la mobilité en comparaison de celle des insurgés.

 

 

Mais qui peut répondre à la question de savoir si il faut privilégier la mobilité ou la protection ou tenter de trouver sur le terrain un compromis adapté à la situation ?

 

 

 

 

March 19

Un diplomate chevronné dénonce les distorsions délibérées


Il est à craindre que l’influence excessive du lobby juif sur la politique étrangère [américaine] se soit de nouveau déchaînée hier, après le désistement à un poste clé des renseignements nationaux d’un ancien diplomate qui critique fermement Israël. Celui-ci a déclaré que sa nomination par le Président Barack Obama avait été torpillée par une campagne mensongère menée contre lui.
 
Charles Freeman, un diplomate chevronné qui a une très grande expérience des affaires au Proche-Orient, avait été choisi pour diriger le Conseil National des Renseignements [National Intelligence Council], l’organisme qui fournit à la Maison Blanche des rapports influents et hautement sensibles, synthétisant les points de vue des 16 agences de renseignements du pays.

Mais mercredi, il a retiré son nom de la liste des candidats, déclarant avoir été victime de ce qu’il nomme le « lobby d’Israël ». La campagne menée contre lui, accuse-t-il, qui inclut « une distorsion délibérée du passé, la fabrication de mensonges et une indifférence totale pour la vérité, a « atteint les limites du déshonneur et de l’indécence ».

Dans la campagne de lobbying contre sa nomination, il y a notamment un appel téléphonique de Charles Schumer, un sénateur démocrate, à Rahm Emanuel, le secrétaire général de la Maison Blanche, rappelant à ce dernier que M. Freeman a montré « une haine irrationnelle pour Israël » dans des commentaires passés. M. Emanuel est un fervent défenseur des intérêts d’Israël.

En perdant M. Freeman, ambassadeur auprès de l’Arabie Saoudite sous le premier président Bush, la capacité de M. Obama à effectuer des changements importants dans la politique étasunienne au Proche-Orient semble devoir être sévèrement limitée par la réalité politique intérieure. En tant que tel, cela soulève la question de savoir jusqu’où M. Obama pourra – ou voudra – tenir tête à Benjamin Netanyahou, le dirigeant pur et dur du Likoud, quasiment assuré de devenir le prochain Premier ministre d’Israël. Leurs relations seront cruciales pour les décisions importantes qui devront être prises prochainement sur le conflit israélo-palestinien et le programme présumé d’armes nucléaires iranien.

Hier, les supporters d’Israël, même s’ils se sont délectés en silence du départ de M. Freeman, ont soutenu que les objections les plus importantes à sa nomination étaient ses liens avec l’Arabie Saoudite et le soutien qu’il avait exprimé dans le passé à la politique répressive des dirigeants chinois. Son véritable péché, en fait, a été de se prononcer sans ambiguïté contre la politique israélienne, ce que l’on avait pratiquement jamais entendu à Washington. Voici comment un activiste pro-israélien de premier plan a récemment décrit le point de vue de Freeman sur le Proche-Orient : « qu’espériez-vous au ministère saoudiens des affaires étrangères ? ».

Critique tranchant des ripostes très dures aux attaques du Hezbollah au Liban et du Hamas à Gaza, M. Freeman maintient depuis longtemps que la politique de l’Etat juif est autodestructrice. Hier, il a réitéré cette accusation dans une interview au New York Times, déclarant qu’Israël « se dirigeait tout droit vers le bord de la falaise » ; qu’il était « irresponsable de ne pas mettre en doute la politique israélienne et de ne pas décider de ce qui est le meilleur pour le peuple américain ».

Ces mots reflètent exactement la thèse du livre paru en 2007, The Israel Lobby and US Foreign Policy [Le lobby d’Israël et la politique étrangère des Etats-Unis], qui a généré une énorme controverse en affirmant que la politique américaine était servilement alignée sur Israël, au détriment des intérêts américains prioritaires, grâce aux efforts des supporters de l’Etat juif.

Pour Stephan Walt, l’un des auteurs de ce livre, la querelle avec Freeman prouve que cette thèse est juste. Ainsi qu’il l’a formulé hier : « Pour tous ceux d’entre vous qui avez mis en doute la réalité d’un puissant ‘lobby d’Israël’ ou qui avez admis son existence tout en pensant qu’il avait peu d’influence ou qui pensiez que le véritable problème était le soi-disant ‘lobby saoudien’ tout puissant – réfléchissez-y à nouveau. »

La victoire d’Obama, qui a passé son enfance dans un pays musulman, a soulevé l’espoir qu’il regarderait le Proche-Orient à travers des yeux radicalement différents. Mais les actions de la nouvelle administration ont été prudentes. La Secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, s’est conformée à la ligne conventionnelle, tandis que Dennis Ross, son conseiller spécial sur les questions du Golfe et de l’Iran, est considéré comme un sympathisant d’Israël.

Le Congrès apporte un soutien sans faille à Israël. Pat Buchanan, un commentateur de droite et ancien candidat à la présidence, a dit une fois de Capitol Hill que c’était un « territoire occupé israélien ».

 

March 07

Afghanistan. Hommage au fusilier Loïc Le Page

Afghanistan. Hommage au fusilier Loïc Le Page

Le 4mars 2006, Loïc Le Page, maître principal, fusilier marin commando, décédait en Afghanistan, lors d'opérations de lutte contre le terrorisme. Il avait 30ans. Afin de rendre hommage au sacrifice de ce marin «mort pour la France», une cérémonie, à la fois militaire et familiale, organisée par l'association «Aux marins» s'est déroulée hier, au mémorial national des Marins morts pour la France, à la pointe Saint-Mathieu, autour d'Aude, son épouse et de ses deux enfants.

Lors d'une reconnaissance

Loïc Le Page est tombé, à la tête de ses hommes, en Afghanistan, au cours de l'opération «Makila», dans une zone particulièrement sensible de la vallée de Maruf, propice aux infiltrations et embuscades. Alors qu'il effectue la reconnaissance d'un village de Salam Kalay, à la tête de son escouade, il est pris sous le feu d'une dizaine de talibans. Loïc Le Page était un homme de caractère, à forte personnalité et au tempérament dynamique. Rieur et volontiers moqueur, il vivait intensément chaque moment et avait la réputation d'être fidèle en amitié. La cérémonie militaire était présidée par le contre-amiral Marin Gillier, commandant les forces de marine à Lorient et de la force maritime des fusiliers marins et commandos. Ce en présence du commando Trépel, de l'école de maistrance de Brest, du groupement des fusiliers marins de Brest et de plusieurs centaines de personnes dont de nombreuses personnalités de France, de Bretagne et du pays d'Iroise, ainsi que de représentants des associations d'officiers mariniers, d'anciens marins et anciens combattants. Après la cérémonie, la famille s'est recueillie à l'intérieur du cénotaphe et a dévoilé la photographie de Loïc Le Page.

February 24

Des Tahitiens du 8RPIMa dans la vallée d’Uzbin.

 

 

Des Tahitiens dans la vallée d’Uzbin.

 

L’histoire pourrait commencer en 1941 lorsque 600 volontaires Calédoniens et Tahitiens forment le Bataillon du Pacifique et rallient les Forces Françaises Libres. Ils traversent deux océans et  entrent de plein fouet en mai 1942, dans la bataille de Bir Hakeim en Lybie.

Les soldats du Pacifique vont montrer un courage exemplaire. Le lieutenant colonel Broche, leur chef, y perdra la vie mais son unité entrera dans l’Histoire.

Depuis l’épopée du Bataillon du Pacifique les jeunes de Polynésie et de Calédonie sont partis nombreux vers la métropole pour servir leur pays.

Dés 1972, le 8ième RPIMa accueille ses premiers engagés issus de cette mosaïque d’îles éclatées sur des millions de kilomètres-carrés du plus vaste des océans. Ils arrivent avec leur bonne humeur, un brin d’insouciance et des ukulélés mais très vite grâce à leur formidable sens de la cohésion et leur volonté indestructible ils deviennent des parachutistes solides, efficaces et fidèles.

On les trouve dans toutes les compagnies mais c’est à la 4, chez les Coyotes que l’Histoire va faire un arrêt tragique au dix-huitième jour du mois d’août 2008 sur les pentes d’un col de la vallée d’Uzbin.

Uzbin un nom inconnu perdu dans des reliefs tourmentés  et poussiéreux de l’Afghanistan.

 

La mission.

En août 2008, la vallée d’Uzbin , vers le nord-est, doit être reconnue.

La 4ième compagnie du 8ième RPIMa, installée sur la  base avancée de TORA dans le  district de Surobi  est désignée pour la mission.

Trois phases sont planifiées. Les deux premières sont effectuées le 8 et le 15 août sans incident.

Le 18 août la dernière phase est programmée.

Une colonne blindée se forme avec deux sections sur VAB une du 8ième RPIMa et l’autre du RMT.  Elles sont accompagnées de deux sections de l’ANA (Armée Nationale Afghane) formées par les Français. Un élément américain de guidage aérien complète le dispositif.

Ces quatre sections, (une centaine d’hommes) prennent la direction de la vallée d’Uzbin vers 9h50. La zone de reconnaissance se situe à moins de vingt  cinq kilomètres de Tora.

 

Le site de l’embuscade

Vers 13h00 la section de la 4/8ièmeRPIMa est en tête. Elle est commandée par l’adjudant Gaëtan Evrard. Son indicatif radio est Carmin 2 (couleur de tradition de la 4).

Au village de Sper Kunday, la route se transforme en piste, les blindés stoppent. Le col  culmine  à 2000 mètres. Il est dominé de part et d’autre par des crêtes aux pentes abruptes. La section débarque, les VAB se positionnent en appui.

                                  

Le récit qui va suivre n’est qu’une partie de l’évènement et ne concerne que carmin 2. Chaque homme a une histoire différente entre le premier coup de feu et son désengagement, pour certains dans la nuit. Ce qui suit est le vécu des quatre Tahitiens de la section.

 

CCH MARCHAND Loïc, chef d’équipe dans le groupe 22.

CCH TEMAEVA Heimata , chef d’équipe dans le groupe 23

CCH TUTAVAE Hansa, chef d’équipe dans le groupe 23

1CL VERDET  Rudolph , radio tireur du VAB 22

 

Après avoir pris contact avec le chef du village, l’adjudant Evrard donne l’ordre de progression par une piste en lacets qui mène au col. Il est prés de 15h00, il fait très chaud, les hommes peinent sous le poids de l’équipement. Au bout d’une trentaine de minutes de marche, le cch Marchand dans le groupe de tête, s’inquiète un peu pour ses gars, d’autant que celui qui est devant lui ralentit de plus en plus. La pente est tout de même assez rude et le soleil aussi.

Plus bas, dans le groupe qui ferme la marche, le cch Temaeva scrute les crêtes. Il n’est pas inquiet mais il a tout de même hâte d’être au col. A moins d’un vingtaine de mètres devant lui il y a le chef de section et son radio, ce dernier est le plus chargé et la marche est rythmée sur lui.

 

Au village en bas, les quatre VAB sont en place, un seul se détache franchement et assure la surveillance arrière. A la place du radio-tireur le cch Tutavae  détaille son secteur. Sa mitrailleuse est orientée  vers le nord ouest où la crête prolongeant le col s’abaisse franchement. Il tourne presque le dos aux autres blindés.

A une quinzaine de mètres des premières maisons les trois autres VAB ont  les secteurs principaux, le col plein Est et les crêtes Nord et Sud, l’ensemble du relief forme un cirque bien ouvert. Il n’y a pas de vent, le soleil est  brûlant. Le sergent Andrieux qui commande les appuis pense aux groupes qui  peinent dans la montée. Le 1cl Verdet est en tourelle du VAB 22, son secteur est au Nord et recoupe celui de Tutavae.

 

L’élément de tête est alors à moins de cent mètres du col. A l’arrière de la section, un homme est victime d’un coup  de chaleur, il s’arrête. Le cch Temaeva reste avec lui, le groupe repart. Marchand lui, arrive à hauteur d’un  gros rocher, il le regarde machinalement.

 

Soudain un cri monte du bas, c’est un berger. Certains s’en sont souvenus plus tard car juste après, les premières rafales ont crépitées.  En une fraction de seconde tous sont postés mais les abris sont rares car s’il y a beaucoup de rochers, ils ne sont pas très gros. Une roquette de RPG7 passe à coté du groupe de tête et explose plus loin. Les tirs d’abord isolés se font brusquement plus denses et atteignent vite une intensité  qui ne s’atténuera que rarement pendant tout l’après midi.

A la radio individuelle un premier blessé s’annonce, puis un second. Les hommes se fondent aux rochers et cherchent l’origine des tirs. Ils ne voient rien.

 

Tout comme les équipages de VAB prés du village. Eux aussi ont été surpris par les détonations puis par le feu roulant qui a suivi. Les radio-tireurs braquent leurs armes et scrutent les crêtes. Les pilotes sont aux jumelles.

 

Le sergent capte alors les premiers appels du chef de section qui lui désigne des secteurs à traiter. Les mitrailleuses ouvrent instantanément le feu sur les crêtes rocheuses. Verdet lâche de longues rafales, le bruit est assourdissant mais il perçoit aussi des claquements insolites sur  le blindage qui résonne étrangement. Il n’a pas vu la trace d’une roquette passer au dessus de lui.Les pilotes se plaquent aux flancs des véhicules, le sol est constellé de petits geysers de terre, les appuis sont eux aussi sous le feu.

 

Marchand n’a pas cherché un rocher il était à coté de lui, un arbre permet même de se cacher des vues du col. Il s’y abrite avec un de ses gars et tente de voir. Le chef de section et son radio le rejoignent avec quelques autres. L’adjudant est collé à la radio, avec le sergent aux 12.7 ou son capitaine qu’il appelle en renfort. Ce dernier prend aussitôt la route avec deux sections.  

 

Tous les hommes d’Evrard, par deux, par trois sont cloués dans les lacets de la piste, à peine protégés ils ripostent et tentent de rendre les coups. Sur le réseau section d’autres  blessés sont annoncés. A partir de cet instant ces petites équipes vont vivre chacune un destin différent. Parfois après un décrochage périlleux pour gagner quelques mètres de repli, elles vont se voir, se parler quelques secondes puis se perdre encore au milieu de ce chaos  de roches qui éclatent à leur passage, criblées d’impacts.

 

Temaeva est le plus bas avec trois autres. Il cherche lui aussi à voir d’où viennent les tirs. La pierre et la terre tout autour  sont lacérées de balles. Le plus dense pour eux provient de la crête Nord. Les famas crachent  rafales sur rafales mais le résultat semble improbable. Il décide alors d’utiliser les grenades à fusil mais prendre une visée correcte est extrêmement risqué. Il parvient à en tirer deux de façon acrobatique

sans pouvoir constater un résultat. Soudain un de ses équipiers, posté à quelques mètres est touché par une balle. Ce dernier à poussé un cri bref, il ne peut plus bouger.

-         J’ai appelé Martin et on l’a ramené sur notre position  où on était bien protégés. J’ai fait de suite un pansement compressif et Nono  l’a piqué à la  morphine.

Le blessé à peine soulagé, ils reprennent l’observation car Temaeva redoute une manœuvre des talibans. La crête qui les domine est bien visible mais il y a de nombreux angles morts d’où le danger peut surgir à très courte distance.

C’est ce que va vivre Marchand  qui  sent soudain une présence non loin de lui. Il se déplace alors lentement entre les rochers mais à cet instant un des chefs de groupe qui tentait de revenir vers eux surgit et s’effondre, quinze mètres devant lui.

-Dés que je l’ai vu  tomber j’ai couru le chercher en disant  à Darchy  de prendre mon secteur  car le taleb était  tout près. Il est derrière vous ! Me dit Gros. J’avais déjà entamé ma course. Tant pis, mes gars vont s’en occuper. Le Taleb m’a entendu partir et s’est dévoilé. Darchy lui a vidé la moitié de son chargeur dessus.

 

Le blessé est traîné à l’abri avec le chef de section et ceux qui protègent cet îlot cerné de mitraille mortelle. Les premiers soins sont donnés tant bien que mal.

 

Déboulent alors, Morelle et Dussat qui ont réussi à se dégager. Ils annoncent que l’adjoint est touché, plus haut.

- Marchand il faut que tu ailles récupérer le chef !  Dit l’adjudant.

Le caporal-chef  et les deux derniers arrivés tentent alors de remonter vers le blessé mais leur déplacement provoque  une pluie de projectiles. Morelle revient aussitôt, Dussat et Marchand trouvent un abri chacun de leur coté.

La position est intenable, Marchand bondit sous le feu pour revenir en arrière mais il chute. Son famas est projeté loin , il ne peut le récupérer, des balles l’encadrent. Un autre bond le ramène au point de départ.

-Mon adjudant, on ne peut pas passer !! dit-il la mort dans l’âme.

 

Temaeva  et ses gars sont bien bloqués. Ils ripostent dans deux directions opposées  et tournent autour des rochers en fonction de la provenance des coups. Ils ont vu passer des avions assez haut. Les pilotes ont tirés des leurres puis sont partis.

 

En bas au village les 12,7 tirent en rafales plus courtes, pour durer et entretenir le feu sur cet ennemi invisible. Tutavae pourtant va s’apercevoir que des silhouettes descendent du versant et s’approchent. Il tourne son tube et mitraille cette nouvelle menace. Il comprend que les talibans tentent de contourner les appuis. Un hummer américain non loin de là double les tirs dans la même direction. La menace se trouve provisoirement fixée.

 

Sous le col, les éléments épars de la section, sans d’autres contacts que des échanges de voix furtifs sentent aussi qu’un mouvement des insurgés est en cours. Ils descendent au contact.

 

Marchand, sans arme voit un autre fusil tombé à l’écart, il bondit, ramasse l’arme, trébuche et prend comme un coup de poing à la cuisse.

J’ai senti un choc au moment de l’arrivée de la balle mais pas de douleur seulement un coup de lassitude mais les impacts qui m’arrivaient autour  m’ont réveillé, je me suis ressaisi et j’ai tiré sur les mains que l’on me tendait. Je n’ai pas eu le temps de me soigner, le bal était ouvert et les snipers se sont déchainés

 

Dans le petit groupe de l’adjudant un autre drame s’est déroulé en quelques secondes.

Un tir d’enfilade soudain s’est abattu et le radio en faisant écran de son corps pour protéger son chef est mortellement touché. L’endroit est trop exposé tous se préparent à dégager, les ordres sont donnés. Deux paras assurent la couverture en lâchant des rafales rapides. Les autres sautent sur la piste et courent. Le radio est emmené mais un des porteurs est touché au bout de quelques mètres, il tombe.

 

De sa position Temaeva voit l’adjudant et deux hommes s’approcher de lui par la piste. L’action ne dure que quelques secondes mais cela parait une éternité avec la poussière tout autour d’eux, poussière de mort soulevée par des rafales.

Il tire à son tour, sans voir vraiment. Le trio s’effondre à l’abri, le chef de section est blessé. Temaeva veut remonter chercher les autres mais après quelques pas, des balles le cernent, sa lunette de famas est pulvérisée et projetée au sol, il recule.

 

Tout mouvement vers le haut est impossible.

Il dit : « Il ne faut pas rester là, mon adjudant ! » C‘est du bon sens tous le savent, le sous-officier fait un signe. Ils décrochent, traversent la piste et dévalent quelques mètres de pente.

« On a été pris à partie dés que l’on a sauté. »

Temaeva se retrouve seul avec Morelle. Ils s’abritent, ça tire trop. Ils décident d’attendre un moment favorable. Entre temps deux avions A10 ont traité les pentes au canon, ils sont passés plusieurs fois, freinant les insurgés et permettant à d’autres paras de gagner du terrain vers la vallée.

 

 Aux appuis Verdet s’est arrêté de tirer le temps que les avions agissent. Il souffle un peu, ses oreilles bourdonnent, il est trempé de sueur. Il regarde la bande engagée dans son arme, il lui reste moins de cinquante coups et encore un caisson à coté. Il s’est même habitué à l’incessant claquement des balles.

 

Tutavae surveille aussi les avions et ne tire pas pendant leurs passages mais il garde un œil vers la pente nord d’où les insurgés sont descendus peu avant. Après les avions des  hélicoptères surgissent.

« Trois hélicos sont arrivés. Ils ont tiré jusqu’à la tombée de la nuit. Ils allumaient plutôt les crêtes et volaient à basse altitude. Vers 16-17h00 j’ai pris d’autres impacts sur le VAB mais qui  venaient de droite.

J’ai tourné la 12.7 pour riposter et j’ai senti  deux balles s’écraser dans la tourelle »

 

Pour les blindés du sergent Andrieux, depuis de longues heures sous les balles, les choses vont alors se précipiter. Vers la fin de l’après-midi, d’autres VAB de la 4ième compagnie viennent  les remplacer.

Quatre blessés dont l’adjudant arrivent entre temps et sont embarqués. Le VAB de Verdet décroche aussi, son pare brise est en partie masqué par les étuis de 12.7. Il ne lui restait plus beaucoup de cartouches.

 

Marchand a profité des A10 pour faire un bond mais il était attendu. Les rochers ont éclaté autour de lui, il a couru puis, déséquilibré, il s’est fracassé l’épaule en chutant lourdement.

« Là j’ai senti la douleur. Je m’étais complètement déboité l’épaule. Mon famas est tombé loin et c’est un autre rocher qui m’a arrêté. Une balle a tapé juste à coté mais c’est tout. Le taleb a dû croire qu’il m’avait eu. »

Il pense être seul dans ce chaos rocheux mais il constate vite que Gros et Dussat sont à dix mètres de lui.

- Caporal-chef vous êtes à découvert, il faut dégager !

« La douleur était très forte. Je ne pouvais pas prendre appui pour  me relever. J’ai bien essayé de récupérer le famas mais mon bras était comme mort. »

Ils restent tous là en attente, Marchand essayant de reprendre ses esprits sous la douleur.  

Mais Gros et Dussat sont inquiets, car depuis l’arrêt des tirs aériens, ils entendent des voix assez proches et de l’agitation sur la piste quelques mètres plus haut. Marchand lui aussi a entendu.

 

« Comme ça parlait beaucoup au dessus de moi, j’ai pris une DF.  Gros me dit qu’ils sont  nombreux. Moi, j’en voyais surtout un, debout qui criait : « Allah Akbar, Allah Akbar ».Les autres  rigolaient. J’ai dégoupillé ma grenade et je l’ai balancée dans leur direction. Elle explose. Gros m’annonce que j’en ai touché quelques uns. Il  a ensuite  buté le reste Il n’y a pas eu de riposte, DUSSAT a aussi lancé une grenade avant d’en avoir  un »

 

Tous savent maintenant qu’ils sont repérés et doivent partir mais Marchand n’est pas en mesure de se déplacer de suite. Il commande au binôme de partir.

« Vous deux vous allez chercher de l’aide, je vous attends ici, je ne peux plus bouger ! »

 Ils ne voulaient pas me lâcher.

- On ne vous laisse pas ici, il n’y a pas moyen, me dit Gros.

 Dussat se lève pour venir m’aider.

-Putain reste couché, les mecs sont là, ils nous cherchent !

-Non ! On ne vous laisse pas caporal-chef !

Alors j’ai commencé à hausser le ton.

- Ecoutez-moi ! Cela ne sert à rien, si vous venez vers moi, on va tous en ramasser une !

Puis j’ai pris un caillou et je le leur ai jeté dessus. Ils m’énervaient  de ne pas vouloir  partir. Le caillou les a convaincus et ils ont décroché mais les snipers les ont suivis à coup de fusil.

 

Les deux paras obéissent à regret. Marchand tente de remettre son épaule en place mais sans succès.

« La nuit était encore loin, j’ai eu le temps de penser à beaucoup de choses. Je regardais le soleil descendre mais à force de le regarder j’avais l’impression qu’il remontait. Puis arrivé sur l’horizon je me suis dit, il faut que tu y ailles. En bas ça tirait et ça brûlait dans un hameau. »

 

Soudain, une rafale tirée très près le fait sursauter. Il identifie un FM et le localise sur la piste. Le Taleb tire vers le bas. Il n’a pas vu le français blessé.

« J’ai pensé : OK, c’est le moment où jamais, t’a eu de la chance jusque là mais l’autre au FM va finir par t’en mettre une. Il tirait sans arrêts en courtes rafales, je ne sais pas combien de bandes il pouvait avoir.

Alors j’ai lancé une autre DF. Après l’explosion plus rien!  Eu ou pas tant pis, car j’ai tout de suite  quitté mon rocher pour descendre. Je suis parti direct sur les fesses,  mon bras allait un peu mieux. J’avais mal mais je pouvais bouger. Je n’ai plus entendu le FM »

 

La descente va durer longtemps, mètres par mètres, dans la nuit enfin tombée. Non loin de là, le caporal-chef Temaeva et Morelle décident de quitter leur abri. Ils avancent en sureté car des tirs se font entendre dans le fond. La lune éclaire le paysage.

-Dans la descente, Morelle était devant moi. Soudain je vois  une silhouette blanche se préciser face à nous.  Je dit : « Morelle ! Devant toi ! » Il à tiré par reflexe et la forme est tombée. J’ai été voir vite fait, c’était un taleb, mort. Il  ne nous avait pas vus.

 

Le binôme s’éloigne au plus vite de là pour éviter une autre mauvaise  rencontre mais la chance leur sourit peu après car ils font jonction avec  Dussat et Gros. A quatre cela va tout de suite mieux et le nouveau groupe reprend la marche pour rejoindre les renforts qu’ils savent être à moins d’un kilomètre. Dussat et Gros n’ont qu’une hâte, signaler la position du caporal-chef Marchand.

 

 Ils ne savent pas que Marchand est déjà en train de descendre tant bien que mal avec sa dernière grenade dans une main, il coupe au mieux en choisissant les zones sombres, parfois il croise les lacets  de la piste. Des hélicoptères américains vrombissent dans le ciel, il n’y prête pas d’attention jusqu’à ce que l’un deux  surgisse très bas et se poste en stationnaire en face de lui. Il sent le souffle des pales et voit distinctement le reflet de la lune sur le plexiglas du cockpit. Un frisson le parcoure, le monstre est braqué sur lui.

 

« Il me voyait  certainement. Je me suis dit : Ça c’est mort ! Il va me découper en deux l’autre !

Alors de mon bras valide j’ai fais de grands signes très lents, pour lui faire comprendre que je n’étais pas un taleb.

Il a pivoté rapidement d’un quart de tour  à gauche et j’ai vu partir  une longue salve de roquette sur le versant. Il a dû en descendre quelques uns car j’ai entendu couiner. L’hélico m’a sauvé la vie. J’étais heureux, j’ai crié vers les talibans : « bande de chiens ! » puis j’ai filé. »

 

Le caporal-chef est fatigué, sa cuisse est engourdie, anesthésiée, son épaule douloureuse, ses gestes se font plus lents, son casque lui pèse, il l’enlève. Le village de Sper Kunday tout près est calme dans cette obscurité de fond de thalweg. Il choisit d’y aller d’autant qu’à sa droite sur la piste il entend des hommes remonter vers le col, ce ne sont pas des français.

Il pense que les renforts passeront par ce village silencieux. Il y arrive et longe un mur de maison, tout doucement. Les sens aux aguets il scrute la pénombre coupée ça et là de rayons de lune blafards. Le silence lui semble suspect et ce sont des bruits de pas sur le sol terreux qui l’alertent.

Il retient son souffle, devant lui, à quelques mètres une quinzaine de silhouettes passe sans bruit.

Elles ne portent pas d’armes mais des chasubles porte-chargeurs, ils ne sont pas de l’ANA. Les ombres s’arrêtent, celui qui semble être leur chef leur parle. Marchand regarde sa grenade, il préfère la garder pour lui au cas où…

 

L’endroit est malsain, il recule et va au centre du hameau. Une dépression sépare deux gros pâtés de maisons, il y a des cultures en terrasses. Il s’adosse à un mur, dégrafe son pare-balles et tente encore de réparer son épaule. A cet endroit, la nuit l’enveloppe, il s’apaise, de longs instants s’écoulent.

Un petit flash le fait sursauter, sa montre dont la lumière était en panne depuis près d’un an s’allume !! Il s’en débarrasse précipitamment.

Les minutes s’égrènent. Un autre bruit, une autre ombre s’approche, c’est une femme.

 « Elle m’a vu et s’est enfuie aussitôt. Tout s’était calmé en moi depuis un certain temps mais après ça mon cœur s’est  affolé et toutes les douleurs se sont réveillées d’un coup.

J’ai failli lâcher. Tant pis s’ils me trouvent. Puis j’ai réagi, ce sont des talibans, pas de simples paysans ».

 

Un fois de plus il change de coin. Il  franchit une murette instable sans faire rouler un caillou et se cache contre un buisson.

La femme revient avec quatre hommes, ils chuchotent, ils cherchent. Ils frôlent presque le français et s’éloignent enfin.  

Le silence retombe à peine que des aboiements déchirent la nuit. Marchand sursaute, il situe les chiens assez loin mais il entend, plus prés, un autre bruit insolite. Le son lui parvient étouffé, puis de plus en plus net, c’est un grésillement. Le  timbre nasillard bien familier d’un contact radio. 

Son cœur bondit mais pas lui. C’est peut-être un appareil  tombé dans d’autres mains. Il se maîtrise, ne bouge pas, mais soudain, en clair, une voix humaine répond : « Ici carmin 3, affirmatif, j’entame ma montée vers le col! »

La 3ième section de sa compagnie est à vingt mètres de lui, de sa grenade et des ses douleurs.

 

Un quart d’heure après avoir dit ce qu’il sait il est emmené en arrière. On veut le brancarder il refuse tout net

 « Non les gars, si les autres arrivent, je préfère vous voir avec vos famas prêts à tirer qu’à porter un brancard où quatre fusils ne servent à rien »

Le bon sens d’un chef d’équipe parachutiste.

«  Je l’ai regretté quand même, car j’ai eu mal…. »

 

Epilogue : Au recueil final où les blessés sont conditionnés pour l’EVASAN, le caporal-chef  Marchand va apprendre, avant de décoller, que toute son équipe est rentrée.

Le 1cl Verdet est également évacué par air. Les caporaux-chef Tutavae et Temaeva rentreront en VAB sur Tora le lendemain.

 

 

                                                                                              ADC ® Jacques ANTOINE

                                                                                              Traditions 8ième RPIMa

 

 

 

Légende des photos :

 

Photo : « Col et village.JPG »

A droite, le village de Sper Kunday quelques minutes avant la mise en place. A prés de 1500 m d’altitude, le col. En rouge la section au déclenchement du feu. En noir les positions des insurgés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : « Vue des positions taleb.JPG

Vue prise quelques semaines après l’embuscade à partir des positions sud des talibans. Carmin 2 a été fixée plusieurs heures sur la longueur de piste la plus basse.

 
 
 

Debout, le caporal-chef Tutavae Hansa. Comme de l’eau qui dort mais une inébranlable détermination dans l’action. Pour les garçons c’est « Tonton »

Au second plan le caporal-chef  Temaeva Heimata. « Taï » pour tout le monde. Il a trouvé naturel de venir à Castres, son père est un ancien du 8.

Au fond le 1cl Dussat Arnaud, c’est un Creusois. Un regard clair et un air enjoué qui dissimulent un sang froid étonnant.

 
 
 
 
February 22

l' «Opération plomb jeté»

L'invasion de Gaza : l' «Opération plomb jeté» n’est qu’une étape dans l’échéancier militaire élaboré par les services secrets israéliens


AUTEUR:  Michel CHOSSUDOVSKY

Traduit par  Isabelle Rousselot, révisé par Fausto Giudice


Les bombardements aériens et l'offensive terrestre en cours à Gaza des forces militaires israéliennes doivent être analysés dans un contexte historique. L'opération «Plomb jeté» est une entreprise soigneusement planifiée, qui fait partie d'un vaste échéancier des services de renseignements israéliens qui a été formulé pour la première fois par le gouvernement du Premier Ministre Ariel Sharon, en 2001 :

"Des sources de la Défense ont déclaré que  le ministre de la Défense Ehoud Barak a demandé aux Forces Israéliennes de défense de se préparer pour cette opération il y a plus de six mois, bien qu’Israël ait commencé à négocier un accord de cessez-le-feu avec le Hamas". (Barak Ravid, Operation "Cast Lead" : Israeli Air Force strike followed months of planning, Haaretz, 27 décembre 2008)

C'est Israël qui a rompu la trêve le 4 novembre 2008, jour de l’élection présidentielle US :

« Israël a utilisé cette diversion pour rompre le cessez-le-feu avec le Hamas, en bombardant la bande de Gaza. Israël prétend que cette violation du cessez-le-feu visait à empêcher le Hamas de creuser des tunnels vers le territoire israélien.

Le jour suivant, Israël déclenchait un siège de terreur sur Gaza, coupant l’approvisionnement en vivres, en carburant, en médicaments et autres produits de première, dans une tentative de « soumettre » les Palestiniens tout en se livrant, au même moment, à des incursions armées.

En réponse, le Hamas et d'autres à Gaza recoururent à nouveau à des tirs de roquettes rudimentaires, artisanales et souvent imprécises, sur Israël. Durant les sept dernières années, ces roquettes ont causé la mort de 17 Israéliens. Pendant la même période, les attaques des guerres-éclair israéliennes ont tué des milliers de Palestiniens, provoquant des protestations au niveau mondial mais face auxquelles les Nations Unies sont restées sourdes. » (Shamus Cooke, The Massacre in Palestine and the Threat of a Wider War/Le massacre en Palestine et la menace d'une guerre plus vaste, Global Research, Décembre 2008).

Un désastre humanitaire planifié

Le 8 décembre 2008, le Secrétaire d'État adjoint Usaméricain, John Negroponte, se trouvait à Tel Aviv pour des discussions avec ses homologues israéliens y compris le directeur du Mossad, Meir Dagan.

L' «opération plomb jeté» a commencé deux jours après Noël. Elle était couplée avec une campagne soigneusement conçue de relations publiques internationales sous les auspices du Ministre des Affaires Étrangères d'Israël. 

Les cibles militaires du Hamas ne sont pas les objectifs principaux de l'opération. L'opération « plomb jeté » est destinée, de façon tout à fait délibérée, à causer des victimes civiles. 

Nous avons affaire à un «désastre humanitaire planifié» à Gaza, dans une zone urbaine très peuplée. (voir la carte ci-dessous).

L'objectif à long terme de ce programme, comme l'ont formulé les responsables israéliens est l'expulsion des Palestiniens des terres palestiniennes :

« Terroriser la population civile, assurer une destruction maximale de leurs biens et des ressources culturelles... La vie quotidienne des Palestiniens doit être rendue insupportable : ils doivent être enfermés dans les villes, empêchés d'exercer une vie économique normale, coupés de leurs lieux de travail, des écoles et des hôpitaux, ce qui favorisera l'émigration et affaiblira la résistance contre les futures expulsions » Ur Shlonsky, cité par Ghali Hassan, Gaza : The World's Largest Prison/ Gaza : la plus grande prison du monde, Global Research, 2005).

«L'Opération Vengeance justifiée»

Un tournant a été franchi. L'opération «plomb jeté» fait partie d'une vaste opération des renseignements militaires, initiée au départ par le gouvernement d'Ariel Sharon, en 2001. C'est pendant l' «Opération Vengeance justifiée» de Sharon que des avions de combat F-16 furent initialement utilisés pour bombarder des villes palestiniennes. L' «opération Vengeance justifiée » fut présentée en juillet 2001 au gouvernement israélien d'Ariel Sharon par Shaul Mofaz, alors chef d'état-major des Forces de défense israélienne, sous le nom «Destruction de l'Autorité Palestinienne et désarmement de toutes les forces armées».

« Un plan de réserve, au nom de code Opération Vengeance Justifiée» a été établi en juin dernier (2001) afin de réoccuper toute la Cisjordanie et éventuellement la bande de Gaza au prix éventuel de «centaines » de victimes israéliennes.» (Washington Times, 19 mars 2002).

Selon le Jane's Foreign Report (numéro du 12 juillet 2001), l'armée israélienne sous le gouvernement Sharon a réactualisé ses plans en vue d'un « assaut total pour détruire l'Autorité palestinienne , éliminer son dirigeant Yasser Arafat et tuer ou neutraliser son armée»

«Justification du bain de sang»

La « justification du bain de sang » était une composante essentielle de l’échéancier opérationnel militaire et de renseignements. La mort de civils palestiniens était justifiée par des «motifs humanitaires». Les opérations militaires israéliennes étaient soigneusement calculées pour coïncider avec les attaques suicides :

« L'assaut serait donné, à la discrétion du gouvernement, à la suite d'un attentat-suicide de grande ampleur en Israël, causant de nombreux morts et blessés, ce bain de sang constituant une justification. » (Tanya Reinhart, Le Déchaînement du Mal, Global Research, December 2001, souligné par moi, MC).

Le plan Dagan

L' «Opération Vengeance Justifiée» désignait également le «Plan Dagan», qui porte le nom de son auteur,  le Général [ER] Meir Dagan, qui dirige actuellement le Mossad, le service de renseignements israélien. Le général de réserve Meir Dagan était le conseiller pour la sécurité de Sharon pendant sa campagne électorale en 2000. Il semble que le plan ait été élaboré avant l'élection de Sharon comme Premier Ministre, en février 2001. « Selon l'article d'Alex Fishman dans le quotidien israélien Yediot Aharonot, le Plan Dagan consistait à détruire l'Autorité palestinienne et à mettre Yasser Arafat « hors jeu ». (Ellis Shulman, «Operation Justified Vengeance» : a Secret Plan to Destroy the Palestinian Authority, mars 2001) :

 « Comme signalé dans le Foreign Report (Jane's) et révélé localement par le quotidien Maariv, le plan d'invasion d'Israël – d'après certaines informations, surnommé Vengeance justifiée – serait lancé immédiatement après le prochain attentat-suicide causant de nombreuses victimes, durerait environ un mois et  aurait pour résultat la mort de centaines d'Israéliens et de milliers de Palestiniens. (ibid, souligné paar moi, MC).

Le «Plan Dagan» prévoyait la soi-disant «cantonisation» des territoires palestiniens par laquelle la Cisjordanie et Gaza seraient complètement coupées l'une de l'autre, avec des « gouvernements » séparés dans chacun des territoires. C'est selon ce scénario, prévu depuis 2001, qu'Israël aurait :

« négocié séparément avec les forces palestiniennes dominantes dans chaque territoire – les forces palestiniennes responsables de la sécurité, des renseignements et même pour le Tanzim (Fatah). « Le plan ressemble donc beaucoup à l'idée de « cantonisation » des territoires palestiniens, émise par certains ministres. » Sylvain Cypel, The infamous Dagan Plan Sharon's plan for getting rid of Arafat – Le Monde, 17 décembre 2001. 

 
De gauche à droite : Dagan, Sharon, Halevy

Le Plan Dagan a établi une continuité dans l’échéancier opérationnel. A la veille des élections de 2000, Meir Dagan fut affecté à un rôle important. « Il devint «l'intermédiaire» de Sharon, en ce qui concerne les problèmes de sécurité, avec les envoyés spéciaux du Président Bush, Zinni et Mitchell ». Il fut par la suite nommé directeur du Mossad par le Premier ministre Ariel Sharon, en août 2002. Après la période Sharon, il demeura à la tête du Mossad. Il fut reconduit dans sa position de Directeur des renseignements israéliens par le Premier ministre Ehoud Olmert, en juin 2008. 

Meir Dagan, en coordination avec ses homologues Usaméricains, a eu en charge plusieurs opérations de renseignements militaires. Il est intéressant de noter que Meir Dagan, en tant que jeune colonel, a travaillé étroitement avec le Ministre de la défense, Ariel Sharon, lors des attaques sur les camps palestiniens à Beyrouth en 1982. L'invasion terrestre de 2009, à bien des égards, ressemble à l'opération militaire de 1982, conduite par Sharon et Dagan.

 

La continuité de Sharon à Olmert

 


Olmert et Sharon

 

Il est important de se concentrer sur un certain nombre d'événements clefs qui ont conduit aux massacres à Gaza lors de l' «Opération plomb jeté» :   

1.   L'assassinat de Yasser Arafat en novembre 2004

Cet assassinat était prévu depuis 1996 avec l'opération connue sous le nom de code « Champs d'épines ». Selon un document datant d'octobre 2000 « élaboré par les services de sécurité, à la demande d' Ehoud Barak, alors Premier Ministre, qui affirmait que «  la personne d'Arafat constitue une grave menace pour la sécurité de l'État (d'Israël) et le préjudice que causera sa disparition est moindre que celui causé par son existence ». (Tanya Reinhart, Le Déchaînement du Mal, Global Research, décembre 2001. Des extraits de ce document ont été publiés par le quotidien Ma'ariv en date du  6 juillet 2001).

L'assassinat d'Arafat fut ordonné en 2003 par le cabinet israélien. Il fut approuvé par les USA qui opposèrent leur veto à la résolution de sécurité des Nations Unies condamnant la décision de 2003 du cabinet israélien. Réagissant aux attaques palestiniennes en augmentation, en août 2003, Shaul Mofaz, le Ministre de la Défense israélienne déclara "la guerre totale" aux militants qu'il jura de "détruire". 

« A la mi-septembre, le gouvernement israélien émit une loi pour se débarrasser d'Arafat. Le cabinet israélien pour les affaires de politique sécuritaire déclara qu’il s’agissait d’une « décision d'éliminer Arafat en tant qu’ obstacle à la paix. » Mofaz menaça : « Nous choisirons la meilleure façon et le meilleur moment pour tuer Arafat. » Le Ministre palestinien, Saeb Erekat déclara sur CNN qu'il pensait qu'Arafat était la prochaine cible. CNN demanda au porte-parole de Sharon, Ra'anan Gissan si le vote signifiait l'expulsion d'Arafat. Gissan précisa « le vote ne signifie pas cela ». Le Cabinet a décidé aujourd'hui de supprimer cet obstacle. Le moment, la méthode, la manière dont cela se déroulera seront décidés séparément et les services de sécurité surveilleront la situation et donneront leurs recommandations pour agir de façon appropriée. » (voir l'article de Trish Shuh, Road Map for a Decease Plan, www.mehrnews.com, du 9 novembre 2005.


Olmert et Abbas

L'assassinat d'Arafat faisait partie du Plan Dagan de 2001. Selon toute probabilité, il a été mené par les services secrets israéliens. Il était destiné à détruire l'Autorité Palestinienne, à alimenter les divisions au sein du Fatah ainsi qu'entre le Fatah et le Hamas. Mahmoud Abbas est un quisling palestinien. Il a été installé à la tête du Fatah, avec l'approbation d'Israël et des USA, qui financent les forces paramilitaires et de sécurité de l'Autorité palestinienne.

 


Abbas et Bush

2. Le retrait de toutes les colonies israéliennes de la bande de Gaza, sous les ordres du Premier ministre Ariel Sharon en 2005. Plus de 7000 colons juifs furent délocalisés.

« Mon intention (Sharon) est de mener une évacuation – pardon, une relocalisation – des colonies, sources de problèmes et des lieux qui ne seront de toutes façons, pas retenus dans les accords définitifs, comme les colonies de Gaza... Je pars du principe que dans l'avenir, n'y aura plus de Juifs à Gaza, » a déclaré Sharon (CBC, mars 2004).

La question des colonies à Gaza a été présentée dans le cadre de la « feuille de route pour la paix » de Washington. Célébrée par les Palestiniens comme une « victoire », cette mesure n'était pas dirigée contre les colons juifs. Bien au contraire : cette mesure faisait partie d'une opération secrète globale, qui consistait à transformer Gaza en un camp de concentration. Tant que les colons juifs vivaient à l'intérieur de Gaza, l'objectif de maintenir un vaste territoire prison entièrement verrouillé ne pouvait pas être achevé. La mise en application de «l'opération plomb jeté» nécessitait qu'il n'y ait plus de Juifs à Gaza ».

3. La construction de l'infâme mur de l'apartheid a été décidée dès le début du gouvernement Sharon (voir la carte ci-dessous)

 

         

4.  La prochaine étape était la victoire électorale du Hamas en janvier 2006. Sans Arafat, les chefs des renseignements militaires israéliens savaient que le Fatah sous Mahmoud Abbas perdrait les élections. Tout ceci faisait partie du scénario qui avait été envisagé et élaboré de longue date.

Avec le Hamas à la tête de l'Autorité Palestinienne, se servant du prétexte que le Hamas est une organisation terroriste, Israël pourrait mener son projet de « cantonisation » énoncé dans le Plan Dagan. Le Fatah sous Mahmoud Abbas demeurerait officiellement responsable en Cisjordanie. Le gouvernement du Hamas, dûment élu, serait confiné dans la bande de Gaza.

 L'offensive terrestre sur Gaza

Le 3 janvier 2009, les chars et l'infanterie israéliens sont entrés dans Gaza pour une offensive totale sur le terrain :

« L'opération terrestre a été précédée de quelques heures par des tirs d'artillerie lourde à la tombée de la nuit, faisant exploser les cibles et embrasant le ciel. Des fusils mitrailleurs ont crépité tandis que des balles traçantes brillaient et lançaient des éclairs à travers l'obscurité et que l’explosion de centaines d'obus émettait des trainées de feu. (AP, 3 janvier 2009).

Des sources israéliennes ont indiqué qu'ils s'engageaient dans une opération militaire de longue durée. «Ce ne sera pas facile et ce ne sera pas bref », a indiqué le ministre de la Défense, Ehoud Barak, lors d'une allocution télévisée.

Israël ne cherche pas à forcer le Hamas «à coopérer». Nous avons affaire ici à une mise en application du «Plan Dagan» comme il a été formulé à l'origine en 2001 et qui appelait à :

« une invasion du territoire contrôlé par les Palestiniens par environ 30 000 soldats israéliens, avec la mission clairement définie de détruire l'infrastructure des dirigeants palestiniens, de récupérer l'arsenal actuellement en possession des différentes forces palestiniennes et d'expulser ou de tuer ses dirigeants militaires. (Ellis Shulman, op cit, surlignement ajouté).

La question plus étendue est de savoir si Israël, en concertation avec Washington, a l'intention de déclencher une guerre plus vaste.

Des expulsions de masse pourraient se produire ultérieurement lors de l'invasion terrestre, si les Israéliens ouvraient les frontières pour permettre un exode de la population. Ariel Sharon désignait l'expulsion comme « une solution dans le style de 1948 ». Pour Sharon, « il est indispensable de trouver un autre État pour les Palestiniens. « La Palestine, c’est la Jordanie», était la phrase forgée par Sharon. » (Tanya Reinhart, déjà citée).



signer cette pétition

Suite à l'émission Thalassa dans laquelle passait un reportage sur les Talibé qui sont des enfants obligés de mendier et de travailler pour des maîtres qui les obligent ensuite à connaître par cœur le Coran à coups de fouets plusieurs heures par jour, une pétition circule (cliquer sur le lien ci-dessous). Merci de bien vouloir aller signer cette pétition, pour que l'esclavagisme des enfants arrête.

http://talibe.net/petition.php

February 20

Il y a des professeurs, et il y a surtout des éducateurs

Récemment, dans une école, la direction a été confrontée à un
problème particulier.
Plusieurs filles, qui commençaient à utiliser du rouge à lèvres, se
l'appliquaient dans les toilettes de l'école.
Jusque-là, pas de problèmes ; mais après l'application, elles
laissaient une empreinte de leur lèvres sur le miroir...
Ce dernier se retrouvait donc avec des douzaines de petites
empreintes de rouge à lèvres.

Tous les soirs, le concierge les enlevait, et, le lendemain, les
filles embrassaient de nouveau le miroir.
Face à cette situation, et afin de corriger ce problème grandissant,
la directrice convoqua le concierge et les filles concernées dans les
toilettes. Elle leur expliqua que les empreintes causaient beaucoup
de travail au concierge qui devait nettoyer le miroir tous les soirs.
Pour démontrer la nuisance que les marques causaient, elle demanda au
concierge de faire une démonstration des difficultés qu'il avait à
nettoyer le miroir. Celui-ci prit une éponge, la trempa... dans une des
cuvettes des toilettes et nettoya le miroir !
Depuis, aucune empreinte n'est réapparue sur le miroir...

Il y a des professeurs, et il y a surtout des éducateurs
February 11

Un officier français tué dans une embuscade en Afghanistan

AFP - mercredi 11 février 2009, 17h50

 

Un officier français tué lors d'un accrochage en Afghanistan

Un officier français et son interprète afghan ont été tués mercredi par des insurgés islamistes qui les ont attaqués à l'arme légère après avoir fait exploser un de leurs véhicules au passage de leur convoi, ont annoncé l'armée française et des responsables afghans.

Un autre militaire français, un caporal-chef, a été grièvement blessé dans l'embuscade, qui a eu lieu dans la province de Logar, à une trentaine de km au sud de Kaboul, a déclaré à l'AFP le porte-parole des forces françaises en Afghanistan, le lieutenant-colonel Jérôme Salle.

L'officier tué, un capitaine, appartenait au 35e régiment d'artillerie parachutiste de Tarbes (sud-ouest de la France), a annoncé le ministère de la Défense à Paris.

"Un brigadier-chef appartenant à la même unité a été gravement blessé et un interprète afghan a également trouvé la mort dans cet incident", a précisé le ministère dans un communiqué.

Tous trois participaient à une "patrouille motorisée avec une section de l'armée nationale afghane" dont ils assuraient la formation.

"Un des véhicules a sauté, probablement sur un engin explosif improvisé (IED)", a expliqué le lieutenant-colonel Salle à Kaboul.

"Puis la patrouille a été prise sous le feu des insurgés", a-t-il ajouté.

Le chef de la police locale, Mostafa Muhsini, a assuré à l'AFP que l'explosion de l'engin avait été commandée à distance au passage du convoi par un homme qui se cachait derrière un mur.

Deux avions A 10 de l'armée américaine, spécialisés dans l'appui aérien des troupes au sol, et un hélicoptère d'attaque américain Appache sont intervenus, tout comme deux forces de réaction rapide terrestre, américaine et afghane, et leur intervention a mis fin à l'embuscade, a précisé l'état-major des armées à Paris.

Le président français Nicolas Sarkozy a aussitôt fait part de sa "vive émotion", réaffirmé son "soutien au peuple afghan et aux autorités afghanes". Lors d'une conférence de presse à Koweit, où il est en visite, il a dit "la très vive émotion de la France" et s'est associé "à la douleur de la famille". Dans un autre communiqué, le ministre de la Défense Hervé Morin "s'incline avec émotion devant le sacrifice de cet officier et de son interprète morts au combat".

Le 22 novembre 2008, un adjudant de 32 ans avait été tué par l'explosion d'une mine à une dizaine de kilomètres au sud de Kaboul. Il s'agissait du premier mort français en Afghanistan depuis l'embuscade d'Uzbeen, dans laquelle dix militaires avaient été tués le 18 août.

Le décès de mercredi porte à 25 le nombre de militaires français morts en Afghanistan depuis l'arrivée des premiers contingents en janvier 2002.

La France entretient quelque 2.800 soldats en Afghanistan au sein de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) de l'Otan. Quelque 300 d'entre eux participent à la formation de l'armée afghane.

Les talibans, chassés du pouvoir fin 2001 par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis, ont intensifié leur insurrection ces deux dernières années, frappant jusqu'au coeur de la capitale Kaboul pourtant très protégée par les forces afghanes et étrangères.

Mercredi, trois attaques lancées en deux minutes dans la capitale par des kamikazes talibans contre des bâtiments officiels, dont deux ministères, ont fait au moins 26 morts, des civils pour l'essentiel, et 55 blessés.

Les impôts expliqués par un Prof.

  
       Le principe  des impôts semble pouvoir s'expliquer par une logique assez simple. Mais  beaucoup pourtant ne le saisissent toujours pas.
 Comme c'est la  saison des taxes, laissez-moi vous l'expliquer en des termes simples que  tout le monde peut comprendre.
 
    Imaginons que  tous les jours, 10 amis se retrouvent pour boire une bière et que  l'addition totale se monte à 100 euros. (Normalement, cela ferait 10 euros  par personne).
Mais nos dix amis décidèrent de payer cette facture  selon une répartition qui s'inspire du calcul de l'impôt sur le revenu, ce  qui donna à peu près ceci :
 · Les 4 premiers (les plus pauvres  !?), ne payeraient rien.
 · Le cinquième paierait 1  euro
 · Le sixième paierait 3 euros
 · Le septième  paierait 7 euros
 · Le huitième paierait 12 euros
 · Le  neuvième paierait 18 euros
 · Le dernier (le plus riche ?!)  devrait payer 59 euros.
 Les dix hommes se retrouvèrent chaque  jour pour boire leur bière et semblaient assez contents de leur  arrangement.
 Jusqu'au jour où le tenancier les plaça devant un  dilemme :
 « Comme vous êtes de bons clients, dit-il, j'ai décidé  de vous faire une remise de 20 euros sur la facture totale. Vous ne  payerez donc  désormais vos 10 bières que  80 euros. »
 Le groupe décida de continuer à payer la nouvelle  somme de la même façon qu'ils auraient payé leurs taxes. Les quatre  premiers continuèrent à boire gratuitement. Mais comment les six autres,  (les clients payants), allaient diviser les 20 euros de remise de façon  équitable ? Ils réalisèrent que 20 euros divisé par 6 faisaient 3.33  euros.
 Mais s'ils soustrayaient cette somme de leur partage alors  le 5ème et 6ème homme devraient être payés pour boire leur  bière.
 Le tenancier du bar suggéra qu'il serait plus équitable de  réduire l'addition de chacun d'un pourcentage du même ordre, il fit donc  les calculs.
 Ce qui donna à peu près ceci :
 · Le 5ème  homme, comme les quatre premiers ne paya plus rien. (un pauvre de plus ?  Ndt)
 · Le 6ème paya 2 euros au lieu de 3 (33% réduction) · Le  7ème paya 5 euros au lieu de 7 (28% de réduction) · Le 8ème paya 9 euros  au lieu de  12 (25% de réduction) · Le 9ème paya 14 euros au lieu de 18 (22% de  réduction) · Le 10ème paya 50 euros au lieu de 59 euros (16% de  réduction)
 Chacun des six « payants » paya moins qu'avant et les  4 premiers continuèrent à boire gratuitement.
  Mais une fois  hors du bar, chacun compara son économie :
  « J'ai seulement  eu 1 euro sur les 20 euros de remise », dit le 6ème, il désigna le 10ème «  lui, il a eu 9 euros ».
  « Ouais ! dit  le 5 ème,  j'ai seulement eu 1 euro d'économie » « C'est vrai ! » s'exclama le 7ème,  « pourquoi aurait- il 9 euros alors que je n'en ai eu que 2 ? Le plus  riche a eu le plus gros de la réduction »
 « Attendez une minute »  cria le 1er homme, « nous quatre n'avons rien eu du tout nous. Le système  exploite les pauvres ».
 Les 9 hommes cernèrent le 10ème et  l'insultèrent.
La nuit suivante le 10ème homme (le plus riche ?!) ne  vint pas.
Les neuf autres s'assirent et burent leur bière sans lui.  Mais quant vint le moment de payer leur note ils découvrirent quelque  chose d'important :
  ils  n'avaient pas assez d'argent pour payer ne serait-ce que la moitié de  l'addition   !
Et cela, mes chers amis, est le strict reflet de  notre système d'imposition.
Les gens qui payent le plus de taxes tirent  le plus de bénéfice d'une réduction de taxe.
Taxez les plus fort ,  accusez-les d'être riches et ils risquent de ne plus se montrer  désormais.
  En fait  ils pourraient commencer à aller boire à  l'étranger...,
 
  Pour  ceux qui ont compris, aucune explication n'est nécessaire.
 Pour  ceux qui n'ont pas compris, aucune explication n'est  possible.
 
  Signé
David R. Kamerschen, Ph.  D.
Professeur  d'économie

OPS Turquoise Museveni dévoile le « plan anglo-saxon »

 

Le vaste complot contre la RDC est désormais une réalité. La preuve incontestable est cette litanie de « plans » pour soi-disant sécuriser la Rdc, et la région des Grands Lacs. Mais en réalité, tous ces plans ne visent qu’à balkaniser le Congo. Après les plans Cohen, Sarkozy, Obama, le président ougandais Yoweri Museveni, vient de se distinguer. Juste au moment où ses troupes sont encore en RDC pour proposer aux Congolais le « schéma » soudanais. Pas du tout le fait du hasard. Selon les personnes averties, il serait exact de parler plutôt d’un « Plan anglo-saxon ».
Marie-France Cros de Libre Belgique, écrit ceci dans l’édition du 4 février 2009 en ce qui concerne l’opération militaire conjointe RDC-Ouganda au regard du malaise qui prévaut à Kampala : « Selon MRB (Southern African Monthly Regional Bulletin, janvier 2009), le chef des Affaires politiques du bureau présidentiel ougandais, Moses Byaruhanga, a déclaré que Kampala appuierait… une fédération des provinces congolaises du Kivu et Orientale, voire leur indépendance si Kinshasa l’acceptait. Ce point de vue serait soutenu par le porte-parole de l’armée ougandaise, le major Félix Kulayigye, qui a évoqué le précédent Sud Soudan, dans l’attente d’un référendum sur son autodétermination. Il s’agirait, selon MRB, de stabiliser la région. La publication lie ces déclarations à la découverte de nouveaux gisements de pétrole côté ougandais de la frontière par un consortium privé « Tullow Heritage Oil » qui cherche à obtenir de Kinshasa son accord pour exploiter l’or noir du côté congolais. Connaissant la sensibilité du Congo au sujet de l’autonomie de ses provinces minières, il semble peu probable qu’un tel schéma soit accepté. Le fait qu’il soit publiquement évoqué à Kampala ne peut qu’inquiéter les Congolais – qui pour le moment, pourtant, ne s’en préoccupent guère, obnubilés qu’ils sont par leur hostilité au Rwanda ».

Coïncidence troublant
La journaliste belge a toutes les raisons de dire que les Congolais ne peuvent que s’inquiéter. Et ce, pour des coïncidences totalement troublantes. Tenez.

Museveni fait sa proposition après la publication des plans Cohen, Sarkozy et Obama. Or, en lisant attentivement les observations du MRB, cette proposition de Museveni rejoint celles de Cohen et de Sarkozy sur la revisitation des frontières héritées de la colonisation et la fragilisation de l’économie congolaise pour renforcer celles des pays anglophones. Particulièrement, l’Ouganda et le Kenya.

Fait plus grave, Museveni émet cette proposition au moment où ses troupes sont en RDC pour traquer la LRA. Or, cette opération a suscité un malaise en Ouganda, au sein des officiers ougandais. Libre Belgique relate que cette opération est critiquée à Kampala dans la mesure où l’Etat-major général ougandais aurait été « court-circuité. D’où cette absence de stratégie. Le chef des opérations n’est autre que le propre fils de Museveniu, le Lieutenant-Colonel Muhoozi Kainerugaba. Pourquoi ?

En attendant la réponse à cette interrogation, à Kampala l’on parle de ce que l’opération a récolté un résultat mitigé au regard de la capacité militaire de l’armée ougandaise. Même l’ancien président mozambicain, Joachim Chissano, aurait fait observer au président Museveni de ne pas sous-évaluer la capacité militaire de la LRA

Plan Anglo-Saxon
Une analyse profonde de ces observations laisse entrevoir que cette opération militaire, pour l’Ouganda, a un double objectif : s’assurer du contrôle des richesses congolaises, notamment le pétrole de l’Ituri ou du Lac Albert. Ensuite, affaiblir économiquement et politiquement la RDC pour continuer à avoir un droit de contrôle sur l’exploitation de ses richesses, sous le prétexte des « accords secrets » qui auraient été signés. Qu’un malaise sévisse dans les rangs des officiers ougandais qui condamnent le « manque de stratégie dans l’opération » ; qu’une autre partie des officiers soutienne cette proposition, il y a risque de voir la présence des soldats ougandais en RDC prendre plus de temps que prévu.

Mais là une réflexion sérieuse s’impose, c’est que des observateurs qui analysent cette succession de « propositions ou de plans », sont convaincus que cette proposition n’est pas de Museveni. Mais de ce groupe obscur anglo-saxon dont l’influence dans les conflits en Afrique des Grands Lacs ne serait qu’un secret de polichinelle. Influence néfaste stigmatisée par bon nombre de groupes de réflexion favorables à une Afrique sereine, tirant des rémunérations conséquentes de ses ressources naturelles. Lesquelles ressources malheureusement sont pillées par ces forces centrifuges, ces gouvernements étrangers, comme le disait si bien Barack Obama, et qui se servent de certains Etats ou personnalités politiques africaines pour aliéner les attributs de l’indépendance des Etats africains souverains.

La bataille est rude, longue
De ce qui précède, les Congolais doivent savoir que le cauchemar est loin d’être fini. Ils doivent s’armer davantage de détermination, de volonté politique pour lutter contre la spoliation, le pillage des richesses de la communauté et la balkanisation de la République démocratique du Congo.

Certes, qu’il existe des accords de défense mutuelle dans la région des Grands Lacs pour mettre fin à l’insécurité et instabilité dans la région. C’est de bonne guerre. Mais que l’on soit naïf pour hypothéquer l’avenir de tout une Nation, voilà qui doit pousser les Congolais à être toujours vigilants. Les agresseurs d’hier ne peuvent en aucune manière devenir subitement des « enfants de chœur ». Tout doit être mis en œuvre pour déjouer tout plan machiavélique et funeste, d’où qu’il vienne.

Car, le péril est toujours en la demeure. La bataille est rude et longue qu’il faut absolument motiver les Congolais pour susciter toujours en eux un élan de nationalisme et de solidarité. Devoir de mémoire collective oblige. La balle est dans le camp des autorités, des partis politiques, des juristes...

January 30

les opérations extérieures (OPEX) de l'armée française

Philippe Folliot est intervenu ce mercredi à la tribune de l'Assemblée nationale comme porte-parole de son groupe dans le débat parlementaire sur les opérations extérieures (OPEX) de l'armée française. En effet depuis la révision constitutionnelle et conformément à l'article 35 de la Constitution, le Parlement doit être informé et éventuellement débattre avant l'engagement des forces françaises sur un théâtre extérieur. Le Parlement doit également autoriser par un vote leur maintien au bout d'une période de quatre mois. Philippe Folliot, secrétaire de la commission de la défense, est intervenu sur la prolongation demandée par le gouvernement de cinq interventions des forces françaises à l’étranger (République centrafricaine, Tchad et Côte d’Ivoire, Liban et Kosovo).

Retrouvez ci-dessous le texte de son intervention.

M. Philippe Folliot. Monsieur le président, messieurs les ministres, mes chers collègues, lorsque j'ai fait le bilan de l'année parlementaire qui vient de s'écouler, j'ai réalisé avec une relative satisfaction que la défense y avait eu une place plus conséquente que les années précédentes. Jusqu'à récemment, peut-être parce qu'elle s'appuie généralement, et depuis plusieurs années, sur un relatif consensus politique, parce qu'elle est considérée comme un sujet exclusivement régalien ou parce qu'elle a longtemps été une variable d'ajustement budgétaire, elle a été reléguée aux sujets de deuxième voire de troisième zone, au point qu'on a même envisagé de supprimer sa commission à l'Assemblée.

 

Heureusement, avec la réforme constitutionnelle, l'importance de ce sujet s’est vue réaffirmée en 2008. Cette réforme, qui a tout d'abord entériné le maintien d'une commission de la défense à part entière, distincte de celle des affaires étrangères, a surtout renforcé le lien fort et régulier qui doit impérativement exister entre l'armée et la nation par le biais de la représentation nationale. Ainsi, en tant que représentants de la nation, nous réfléchirons désormais régulièrement à nos engagements et à celui de nos soldats. Grâce à l’article 35 de la Constitution, nous participerons aux décisions qui engagent notre pays dans le monde et nous aurons enfin une place dans ce qui était jusqu'à maintenant le domaine réservé du Président de la République.

Ainsi, l'année dernière, nous avons pu débattre de notre engagement en Afghanistan lors de la discussion du traditionnel budget de la défense, lequel, il faut le rappeler, était en augmentation malgré le contexte de crise économique, mais également lors de la discussion du Livre blanc et, de manière moins directe, lors de la réforme de la carte militaire. Cette année, nous commençons par les cinq grandes OPEX, mais nous aurons aussi à débattre de la loi de programmation militaire, des autres OPEX et de la loi sur la gendarmerie.

La défense est ainsi redevenue un sujet important dont discute, à juste titre, la représentation nationale. L’année 2009 doit poursuivre et asseoir ce retour en grâce d'un sujet qui, bien qu'assez technique, intéresse nos concitoyens. D'autant que plus on s'éloigne de quelque chose, moins on le comprend et l'accepte. Aujourd'hui 90 % des Français sont favorables à l'armée et lui font confiance.

M. François Sauvadet. Très bien !

M. Philippe Folliot. Ne perdons pas ce lien essentiel. C'est un sujet important sur lequel nous ne devons pas négliger nos efforts, car le soutien de la population est fondamental.

Le monde tel qu'il est décrit dans le Livre blanc et tel que nous pouvons le voir chaque jour est aujourd'hui plus instable et plus imprévisible qu'auparavant. La mondialisation a accompagné la multipolarisation du monde et, avec elle, la diffusion des menaces et la multiplication des foyers à risque. Parallèlement, l'hyperpuissance américaine est partout remise en cause, le monde entier espère beaucoup, trop peut-être, du nouveau président américain Barack Obama, et notamment qu'il répare les dégâts commis par l'administration Bush, en particulier auprès du monde musulman. Pourvu qu'il y parvienne !

Quoi qu'il en soit, si le monde est aujourd'hui moins violent, du moins sur le territoire national et métropolitain, il est plus instable, et le rôle de l'armée et de notre défense continuera d'être central pour notre sécurité, tant pour les Français sur le territoire national que pour les citoyens du monde en n'importe quel point du globe.

Mais la défense contribue également au rayonnement de la France dans le monde puisque notre expérience, nos capacités militaires et nos engagements multiples, aujourd'hui reconnus, font de nous un acteur incontournable des missions de maintien de la paix dans le monde. C'est d'ailleurs notre devoir en tant que membre du Conseil de sécurité, mais également en tant qu'ancien empire de dimension mondiale et puissance présente aujourd'hui sur tous les continents.

On le voit, la défense n'est assurément pas un sujet de seconde zone, ce n'est pas une mince affaire destinée à être confinée aux milieux autorisés. Je me réjouis donc que le débat d’aujourd'hui puisse nous laisser espérer qu'elle retrouvera enfin la place à laquelle elle a droit.

J'exprimerai toutefois un petit regret : que la commission de la défense et celle des affaires étrangères n’aient pas pu préparer ce débat par le biais de réunions et d'auditions, car ces sujets complexes l’auraient mérité.

M. Gilles Cocquempot. C'est plutôt un grand regret !

M. Philippe Folliot. Et si l'on peut expliquer ces dysfonctionnements par le fait que c'est une première, cela ne doit en aucun cas devenir la norme, sinon on ne pourra pas parler de revalorisation du rôle du Parlement. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes NC, SRC et GDR.)

Cette défense, actrice du rayonnement français dans le monde dont je parlais tout à l'heure, ce sont les OPEX qui en portent, en partie, la responsabilité.

À ce stade, je voudrais rendre un hommage particulier à l’ensemble de nos soldats qui sont présents sur les théâtres d’opérations extérieures et avoir une pensée pour ceux qui ont, ces derniers mois, laissé leur vie, soit en opération en Afghanistan, dans la vallée d’Uzbeen, soit en entraînement au Gabon. Ces hommes, par leur professionnalisme sur le terrain, leur compétence et leur sens de l’engagement dans un métier de militaire comparable à aucun autre, méritent le soutien et le respect de la représentation nationale.

M. François Sauvadet. Très bien !

M. Philippe Folliot. Nous avons déjà parlé de l'Afghanistan, opération la plus médiatique et certainement la plus délicate. Je tiens ici à rendre hommage aux hommes du 8RPIMa de Castres, qui a fait une entrée remarquée et remarquable sur le terrain des opérations.

C’est grâce à la proximité établie avec les soldats du terrain en me rendant plusieurs fois sur place, que j’ai pu me rendre compte de la difficulté de leur mission, des efforts qu’ils accomplissent chaque jour, de la rusticité de leurs conditions de vie, de la nature de leur engagement, et que je vous parle aujourd’hui en très relatif connaisseur du sujet. Du reste, au-delà du nécessaire contrôle parlementaire, que les membres de la représentation nationale puissent se rendre régulièrement sur le terrain pour accompagner nos soldats, être au quotidien avec eux, me paraît particulièrement important. Il s’agit de leur exprimer, à travers la présence de quelques parlementaires, le soutien de l’ensemble de la représentation nationale.

M. André Wojciechowski. Il a raison !

Mme Françoise Hostalier. Très juste !

M. Philippe Folliot. Tous nos vœux accompagnent également les chasseurs alpins du 27e RCA et les paras du 3e RPIMa, qui ont pris le relais sur ce terrain difficile.

Nous avons également une pensée pour tous les soldats engagés sur les autres théâtres. Cette présence est tout aussi légitime et le débat d’aujourd’hui ne doit pas remettre en cause l’idée même des OPEX.

Certains de nos concitoyens s’interrogent sur les raisons d’envoyer nos troupes sur des théâtres d’opérations lointains, périlleux et qui, parfois, nourrissent le terreau d’un anti-occidentalisme latent. Ce débat doit permettre justement de rappeler que ces OPEX participent au maintien ou au rétablissement de la paix, contribuent au rayonnement de la France, correspondent à sa vocation universaliste et permettent de défendre et de diffuser les valeurs universelles qui ont fondé notre République : liberté, justice, démocratie, respect des droits individuels. Cette présence n’est donc pas à remettre en question.

Notre collègue Jean-Paul Lecoq a beaucoup parlé de la « Françafrique » avec des mots particulièrement durs. L’activisme de quelques-uns sur ces bancs à ce sujet n’a d’égal que leur assourdissant silence alors qu’une autre majorité dirigeait le pays. (Applaudissements sur les bancs des groupes NC et UMP.)

M. Jacques Myard. Bravo ! Ce sont en effet des négationnistes !

M. Philippe Folliot. Les OPEX dans lesquelles nous sommes engagés aujourd’hui ont une vraie raison d’être, d’autant qu’elles sont menées dans un cadre international, le plus souvent sous l’égide de l’ONU.

Néanmoins, les conditions changent, les données aussi, et il est utile d’examiner en détail l’opportunité des choix qui ont été faits et l’opportunité de les poursuivre. C’est d’autant plus nécessaire que ces OPEX envoient, en moyenne, chaque année, 12 000 hommes sur des terrains éloignés et difficiles. Nous avons déjà débattu et voté au sujet de l’Afghanistan ; c’est maintenant au tour des quatre autres grands théâtres d’opérations extérieures.

Je n’en aborderai ici que trois : Liban, Côte d’Ivoire et Tchad-République centrafricaine, laissant à mon collègue Francis Hillmeyer le soin d’intervenir sur le Kosovo.

Trois grands aspects doivent guider notre réflexion sur l’opportunité de maintenir, renforcer, prolonger ou arrêter l’envoi de nos troupes sur ces théâtres extérieurs.

Le premier est l’aspect financier. C’est un combat profondément centriste que celui de défendre la rigueur et la gestion de notre déficit public le plus strictement possible, et je sais, monsieur le ministre de la défense, que vous y êtes très attaché.

C’est un combat de longue haleine, émaillé de victoires et que la révision générale des politiques publiques a matérialisé en intégrant la réforme en profondeur de l’État français dans un objectif global d’économies. Or le coût des OPEX se caractérise par une croissance inquiétante et n’augure rien de bon pour l’avenir. Ainsi, alors que le surcoût de ces opérations ne dépassait pas 25 millions d’euros au milieu des années soixante-dix, on annonce, pour 2009, qu’il avoisinera près d’un milliard d’euros.

M. Yves Fromion. Ce n’est pas comparable, il ne faut pas exagérer !

M. Philippe Folliot. Certes, l’évolution n’est pas linéaire : l’état du monde est fluctuant. Il y a, par exemple, eu des pics, en 1993 ou 1996, où le surcoût a atteint presque 1,2 milliard d’euros.

Cependant, au final, le total cumulé s’élève à près de 20 milliards d’euros avec une augmentation constante depuis 2000 et, tout de même, une hausse de plus de 40 % entre 2006 et 2008 à effectifs presque constants. L’inflation de ces surcoûts doit donc impérativement être maîtrisée, cette maîtrise passant naturellement par une meilleure organisation des troupes, une sorte de RGPP des OPEX. Une meilleure organisation peut signifier le retrait de tout ou partie des troupes lorsque c’est possible et nécessaire.

Je pense ici naturellement à la Côte d’Ivoire. De nombreux orateurs en ont parlé, des annonces ont d’ores et déjà été faites. Ainsi, avez-vous annoncé, monsieur le ministre, qu’en 2009 la France retirera progressivement des troupes de Côte d’Ivoire jusqu’à la fin de l’opération Licorne. Cette décision nous apparaît parfaitement justifiée et nous la soutenons sans réserve. La situation semble en effet le permettre puisque l’objectif recherché est atteint : le pays est sécurisé et politiquement beaucoup plus stable ; et si l’élection présidentielle a encore une fois été repoussée au mois de septembre, c’est avec l’accord des partis de l’opposition. En outre, bien que populaire, l’opération Licorne est aujourd’hui une opération de soutien à la mission de l’ONU. Dans ce cadre stabilisé, notre force de réaction rapide est de moins en moins utile et justifiée.

La présence de la France dans cette région du monde s’expliquait également par son histoire particulière avec le pays, mais elle a aujourd’hui toutes les raisons de se retirer sereine, ce retrait devant néanmoins naturellement respecter les délais prévus par les résolutions de l’ONU.

Voilà donc quelques « potentielles » économies – l’opération Licorne et les forces de soutien à l’ONUCI nous coûtent chaque année 116 millions d’euros – qui vont être réalisées au cours de cette année. Reste à savoir ce qu’il en sera fait. C’est une question que l’on est en droit de se poser et de vous poser, monsieur le ministre. En effet, lors de la RGPP relative à la défense, vous aviez annoncé que tout ce qui serait économisé grâce à la rationalisation de la gestion du ministère et à la réorganisation des forces sur notre territoire, devrait bénéficier aux armées d’une manière ou d’une autre, en tout cas en totalité. Que vont donc devenir ces éventuelles économies nouvelles ? Entreront-elles dans le droit commun ou seront-elles totalement réaffectées au ministère de la défense ? Pouvez-vous nous donner quelques éclaircissements sur ce point ?

L’aspect géopolitique est le deuxième que j’aborderai car, s’il faut avoir le courage de dire que cet engagement de la France lui coûte cher et qu’il est nécessaire d’envisager des solutions d’une meilleure organisation à moindre coût, il ne faut pas laisser croire que cette dimension financière soit l’unique grille de lecture, l’alpha et l’oméga de la prise de décision finale quant à l’opportunité de quitter ou non le théâtre d’une opération.

Il ne faut pas laisser croire que la situation sur le terrain n’est pas une variable centrale dans le choix du maintien ou non, du renforcement ou non de la présence de nos troupes. Ainsi, il faut comparer avec précision les résultats obtenus par rapport aux objectifs initialement fixés et envisager l’engagement de nos soldats au regard de la situation présente. Il est clair, à ce titre, que les opérations menées au Tchad et au Liban ne laissent envisager au minimum qu’un maintien des troupes en présence. Certes, nous avons obtenu des résultats tangibles : au Tchad, les attaques contre les ONG et les populations civiles diminuent ; au Liban, l’arrêt des affrontements semble durer. Pourtant, la situation sécuritaire et humanitaire au Darfour est telle qu’il est aujourd’hui inenvisageable de prévoir le retrait de nos troupes.

L’opération Épervier doit être poursuivie et l’EUROFOR se retirera à la fin de son mandat pour être remplacée par les troupes de la MINURCAT. La présence sur ce théâtre sera donc assurée, tout comme elle doit l’être pour le Liban. Les soldats de la FINUL doivent rester en poste. Non pas parce que le Liban serait à nouveau dans la tourmente, mais parce que les événements récents ont prouvé que la région pouvait s’embraser à tout moment.

M. Guy Teissier, président de la commission de la défense. Sur ce point, c’est vrai !

M. Philippe Folliot. En tant que premier contributeur à la mission, nous avons une véritable responsabilité.

Le retrait est d’autant moins possible que la France a un lien particulier avec ces deux régions, qui lui donne une certaine responsabilité, mais également une certaine aura qu’elle consolide en maintenant ses troupes.

À propos de l’aspect opérationnel, le troisième, je disais que la France était reconnue pour son expérience, son savoir-faire et son engagement sur les théâtres africains. C’est particulièrement visible au Tchad. C’est elle qui est à l’origine de la mission EUFOR, dont elle est le principal contributeur avec plus de 50 % des effectifs. Avec le dispositif Épervier en soutien et une connaissance irremplaçable du terrain, nos forces apportent une véritable plus-value opérationnelle qu’il serait délicat de réduire en l’état actuel de la situation politique.

Au-delà de la France, c’est aussi l’Europe qui profite de cette mission. La PESD a pu mener sa plus importante opération militaire, renforçant ainsi sa crédibilité opérationnelle et faisant ses preuves sur un terrain africain difficile. C’est sur ce type de succès opérationnel qu’il faut s’appuyer pour continuer, sur le terrain, à construire l’Europe de la défense.

Mme Françoise Hostalier. Très juste !

M. Philippe Folliot. Mais quand on parle d’opérationnalité, il faut également faire le point sur la situation de nos militaires. Lors de la rédaction du Livre blanc, je me souviens que la priorité affichée du ministère de la défense était justement le maintien, dans les meilleures conditions, de l’opérationnalité de nos forces. C’est ce qui a justifié, notamment, la réforme de la carte militaire.

Le débat sur l’Afghanistan a été marqué par la mort de dix soldats. Quoi qu’il en soit, être soldat est un choix et nos militaires, quand ils s’engagent, surtout dans les opérations extérieures, savent qu’ils le font au risque d’y perdre la vie. Nous nous devons, eu égard à la nature de cet engagement, de leur apporter le maximum de sécurité dans l’accomplissement de leur mission.

Mes chers collègues, vous l’avez compris, ces OPEX relèvent de notre devoir de membre du Conseil de sécurité et de notre ambition de grande puissance mondiale. Elles se justifient pleinement au regard de la situation sur le terrain. Le groupe Nouveau Centre votera donc en faveur de la prolongation de l’intervention des forces armées en Côte d’Ivoire, au Liban, au Tchad et en République centrafricaine. (Applaudissements sur les bancs des groupes NC et UMP.)

M. François Sauvadet. Bravo ! 

January 29

Entretien avec P.-Édouard du Cray

Directeur des études
de l’association
Sauvegarde Retraites


Vous venez de réaliser une étude très approfondie sur la retraite des députés. Pourriez-vous nous en présenter les principaux avantages ?

Ils sont nombreux. Néanmoins, parmi eux, trois se dégagent et font du régime de retraite des députés la Rolls des régimes spéciaux.
Tout d’abord, il y a le rendement du régime. Pour un euro cotisé, le député, une fois à la retraite, va toucher, en moyenne, six euros. Pour les retraités du secteur privé, le rendement est beaucoup plus faible. Pour un euro cotisé, suivant les profils, le retraité peut espérer entre un et deux euros. Ce rendement est d’autant plus intéressant, que les députés cotisent doublent les quinze premières années.

Le deuxième avantage tient au fait que la retraite des députés est très largement prise en charge par la collectivité. Les cotisations des députés couvrent seulement 12 % des charges du régime. Le reste – 88 % – est financé par une généreuse subvention que nos parlementaires s’auto-attribuent. Ce sont donc surtout les contribuables qui paient l’addition.

Enfin, le troisième avantage est de loin le plus intéressant… La retraite des députés est 100 % garantie. Le montant des pensions est connu à l’avance – 1 557 e pour un mandat, 3 114 e pour deux mandats et jusqu’à 6 230 e pour quatre mandats et demi. Si la caisse de retraite des députés connaît une mauvaise conjoncture, la subvention accordée est simplement augmentée. Dans la conjoncture actuelle, c’est inespéré !
Comment expliquez-vous que cette retraite soit supérieure à l’indemnité des parlementaires en fonction ?
Tout simplement, parce que la retraite des députés n’est pas calculée à partir de l’indemnité de base des parlementaires mais par rapport à une assiette élargie qui est égale à 136 % de cette indemnité. Si vous me demandez pourquoi, je vous répondrai simplement en citant Yvette Roudy, ancien député socialiste du Calvados : « Rien d’étonnant que notre régime soit favorable, c’est nous qui le faisons ».

Et, par rapport aux autres régimes de retraite, comment se situe celui des députés ? Est-il aussi intéressant que les régimes spéciaux d’EDF ou de la SNCF ?

Les régimes spéciaux des entreprises publiques sont encore très avantageux. C’est peu de le dire. Mais, les chiffres sont têtus. Le régime des députés est le meilleur de tous les régimes. Le calcul de la retraite est plus avantageux que chez EDF et qu’à la SNCF et, proportionnellement, les subventions encore plus généreuses.

Les retraités du régime général sont-ils appelés, comme pour les régimes spéciaux, à la rescousse pour maintenir le niveau des retraites des députés ?

Oui, pas au titre de retraités du régime général, mais en tant que contribuables. Ce qui, au bout du compte, revient exactement au même.

Quels sont les arguments de l’Assemblée pour justifier des avantages aussi exorbitants ?

Sans rire : « La précarité de la fonction ». Autant dire que le culot n’étouffe pas ! Près de la moitié des parlementaires sont issus du secteur public et, en cas d’échec aux élections, peuvent réintégrer leur emploi. Plus des trois quarts d’entre eux cumulent leur fonction avec des mandats locaux souvent très bien rémunérés… Il n’y a vraiment pas de quoi faire pleurer Margot !

L’argument est d’autant plus fallacieux que, lorsqu’il part à la retraite, un député se contente rarement de sa super-retraite parlementaire… Beaucoup la cumulent avec deux ou trois autres pensions : retraite Ircantec, Fonpel ou Carel pour les élus locaux, retraite de fonctionnaire ou du privé, sans oublier que certains sont passés par le Sénat ou le Conseil Économique et Social dont les régimes s’avèrent tout aussi généreux que celui des députés !
January 23

La célèbre sociologue d'origine syrienne, Wafa Sultan, vient de publier l'un des points de vue les plus cinglants concernant la situation à Gaza.


 

La célèbre sociologue d'origine syrienne, Wafa Sultan, vient de publier l'un des points de vue les plus cinglants concernant la situation à Gaza. Elle plonge aux origines de l'islam pour expliquer le conflit entre deux conceptions diamétralement opposées : la culture de la vie contre la culture de la mort et du martyre.

Elle s'appuie sur des exemples de l'histoire récente pour dénoncer une religion, une culture et une idéologie barbares… En voici les extraits les plus significatifs, traduits par Chawki Freïha.
(…) Puisqu'il m'importe peu de satisfaire les uns, de défendre les autres ou d'éviter la colère des troisièmes, je peux dire que le Hamas n'est qu'une sécrétion islamique terroriste dont le comportement irresponsable à l'égard de sa population l'empêche de se hisser au niveau du gouvernement. Mais ceci est conforme à l'habitude, puisque, à travers l'histoire de l'islam, jamais une bande de criminels islamistes n'a respecté ses administrés. (…) Je ne prétends pas défendre Israël, puisque les Juifs ne m'ont pas demandé mon avis quant à leur terre promise. S'ils me demandent mon avis, je leur conseille de brûler leurs livres sacrés et de quitter la région et de sauver leur peau. Car les musulmans constituent une nation rigide exempte de cerveau. Et c'est contagieux. Tous ceux qui les fréquentent perdent la cervelle…
Avant la création de l'Etat d'Israël, l'histoire n'a jamais mentionné une guerre impliquant les Juifs, ni qu'un Juif ait commandé une armée ou mené une conquête. Mais les musulmans sont des combattants, des conquérants et leur histoire ne manque pas d'exemples et de récits de conquêtes, de morts, de tueries, de razzias… Pour les musulmans, tuer est un loisir. Et s'ils ne trouvent pas un ennemi à tuer, ils s'entretuent entre eux.
Il est impossible pour une nation qui éduque ses enfants sur la mort et le martyre, pour plaire à son créateur, d'enseigner en même temps l'amour de la vie. La vie a-t-elle une valeur pour une société qui inculque à ses enfants qu'ils doivent tuer ou être tués pour aller au Paradis ?
(…) Depuis le début de l'opération israélienne contre Gaza, je suis bombardée de courriers électroniques venant de lecteurs musulmans qui me demandent mon avis sur ce qui se déroule à Gaza. Je ne suis pas concernée par ce qui s'y passe, mais je suis intéressée par les motivations qui animent ceux qui m'écrivent. Je suis convaincue que ce qui les motive n'est pas la condamnation de l'horreur, ni la condamnation de la mort qui sévit à Gaza. Car, si la motivation était réellement la condamnation de la mort, ces mêmes lecteurs se seraient manifestés à d'autres occasions où la vie était menacée.
Ceux qui condamnent le massacre de Gaza, par défense de la vie en tant de valeur, doivent m'interroger sur mon avis à chaque fois que cette vie-valeur était menacée. Plus de 200.000 musulmans Algériens ont été massacrés par d'autres musulmans Algériens ces quinze dernières années, sans qu'aucun musulman ne s'en émeuve. Des femmes Algériennes violées par les islamistes ont témoigné et raconté que leurs violeurs priaient Allah et imploraient son Prophète avant qu'ils ne violent leurs victimes. Mais personne ne m'a demandé mon avis. Plus de 20.000 citoyens syriens musulmans avaient été massacrés par les autorités (Hamas en 1983) sans qu'aucun musulman ne réagisse et sans qu'aucun ne me demande mon avis sur ces massacres étatiques. Des musulmans se sont fait exploser dans des hôtels jordaniens tuant des musulmans innocents qui célébraient des mariages, symboles de la vie-valeur, sans qu'aucune manifestation ne soit organisée à travers le monde, et sans qu'on ne me demande mon avis. En Egypte, des islamistes ont récemment attaqué un village copte et ont massacré 21 paysans, sans qu'un seul musulman ne dénonce ce crime. Saddam Hussein a enterré vivant plus de 300.000 chiites et kurdes, et en a gagé beaucoup plus, sans qu'un seul musulman n'ose réagir et dénoncer ces crimes.
Au plus fort des bombardements de Gaza, une femme musulmane, fidèle et pieuse, s'est fait exploser en Irak dans une mosquée chiite, tuant une trentaine d'innocents, sans que les médias ou les musulmans ne s'en émeuvent. Il y a quelques mois, le Hamas avait aussi tué onze personnes d'une même famille palestinienne, accusés d'appartenir au Fatah, sans que des manifestations ne soient organisées en Europe ou dans le monde arabe, et sans qu'aucun lecteur ne m'écrive et ne m'envoie ses protestations.
Ainsi, la vie n'a pas de valeur pour le musulman. Sinon, il aurait dénoncé toute atteinte à la vie, quelle qu'en soit la victime. Les Palestiniens et leurs soutiens dénoncent les massacres de Gaza, non pas par amour de la vie, mais pour dénoncer l'identité des tueurs. Si le tueur était musulman, appartenant au Hamas ou au Fatah, aucune manifestation n'aurait eu lieu.
(…) CNN a diffusé un documentaire sur Gaza montrant une femme palestinienne qui se lamente et crie : mais qu'on fait nos enfants pour être tués comme ça ? Mais qui sait. Peut-être qu'il s'agit de la même palestinienne qui se réjouissait il y a deux ans quand l'un de ses fils s'était fait exploser dans un restaurant de Tel-Aviv et qui disait souhaiter que ses autres enfants suivent le même exemple et devenir martyrs.
Mais quand l'idéologie et l'endoctrinement sont d'une telle bassesse, il devient normal que cette palestinienne perde toute valeur à la vie. Sinon, elle pleurerait ses enfants de la même façon qu'ils se tuent dans un attentat suicide à Tel-Aviv ou sous les bombes israéliennes. Car, la mort est la même qu'elle qu'en soient les circonstances, et elle demeure rejetée, et au contraire, la vie mérite d'être vécue et pleurée.
Dans ce cas, comment puis-je me solidariser avec une femme qui lance les youyous de jouissance quand l'un de ses enfants se fait exploser contre les juifs, et elle pleure quand les juifs tuent ses autres enfants ? Mais l'idéologie enseigne aux musulmans que tuer ou être tué permet au fidèle de gagner le paradis. Dans ce cas, pourquoi pleurer les Gazaouis alors qu'ils n'ont pas bougé le petit doigt pour les Irakiens, les Algériens, les Egyptiens ou les Syriens pourtant musulmans ?
(…) Après ce qui précède, je suis certaine que ceux qui m'écrivent et me demandent mon avis sur ce qui se passe à Gaza cherchent à me faire dire ce qu'ils peuvent utiliser pour m'incriminer et me condamner, ou pour me faire dire ce qu'ils ne peuvent exprimer eux-mêmes.
(…) Borhane, un jeune palestinien de 14 ans, a perdu il y a une dizaine d'années ses bras, ses jambes et la vue dans l'explosion d'une mine en Cisjordanie. La communauté palestinienne aux Etats-Unis s'est mobilisée pour lui venir en aide et financer son hospitalisation dans l'espoir de sauver ce qui pouvait l'être. Lors d'un diner de bienfaisance organisé à son profit en Californie, la plus riche palestinienne des Etats-Unis s'est présenté en grande fourrure, et a qualifié Borhane de héros. Elle s'est adressée à ce bout de chair immobile et inerte : Borhane, tu es notre héros. Le pays a besoin de toi. Tu dois retourner dans le pays pour empêcher les Sionistes de le confisquer… Mais l'hypocrisie de la palestinienne la plus riche des Etats-Unis l'empêche d'envoyer ses propres enfants défendre la Palestine contre les Sionistes. Exactement à l'image des chefs du Hamas qui demandent les sacrifices à Gaza, mais restent à l'abri à Damas et à Beyrouth.
(…) La guerre contre Gaza est certes une horreur. Mais elle a le mérite de dévoiler une hypocrisie inégalé dans l'histoire récente de l'humanité. Une hypocrisie qui distingue les Frères Musulmans syriens qui annoncent abandonner leurs activités d'opposition, pour resserrer les rangs contre les sionistes. Mais ces Frères musulmans ont-ils le droit d'oublier les crimes du régime commis contre les leurs à Hama, Homs et Alep ? Avant de se réconcilier avec le régime pour lutter contre les sionistes, ces Frères musulmans ont-ils dénoncé les crimes commis par leurs alliés et partenaires (dans la confrérie) en Algérie et en Irak ? Ont-ils dénoncé la mort de centaines de milliers de chiites en Irak sur le pont des oulémas à Bagdad, pulvérisé par l'un des vôtres conformément aux enseignements de votre religion de la paix et de la miséricorde ? Avez-vous une seule fois dénoncé les exactions contre les chrétiens en Irak ? Ou contre les coptes en Egypte ? Votre hypocrisie nous empêche de croire vos sentiments à l'égard des enfants de Gaza, puisque vous êtes responsables du pire.
(…) Essayons d'imaginer ce que le Hamas aurait fait du Fatah, et des autres, s'il possédait la technologie et les armes d'Israël ? Essayons d'imaginer ce que l'Iran aurait fait des sunnites de la région, s'il détenait les armes modernes que possède Israël ? Ce serait sans doute le massacre garanti.
(…) J'ai récemment rencontré un religieux hindou en marge d'une conférence consacrée à la guerre contre le terrorisme. Il m'a dit : « toutes les guerres se sont déroulées entre le bien et le mal. Sauf la prochaine, elle doit se dérouler entre le mal et le mal ». N'ayant pas compris ses propos, je lui ai demandé des explications. Il m'a dit : « Je suis contre la présence américaine en Irak et en Afghanistan. Si les Etats-Unis veulent gagner la guerre contre les islamistes, ils doivent se retirer et laisser les deux pôles du mal s'entretuer. Les sunnites et les chiites étant nourris sur la haine, vont se battre et se neutraliser ».
Tirant la conclusion de ces mots remplis de sagesse, on peut dire qu'Israël contribue aujourd'hui, inconsciemment, au succès de l'islam. En s'attaquant à Gaza, Israël pousse les musulmans à se solidariser et à surpasser leurs divergences. Et septembre noir en Jordanie est encore dans tous les esprits (…). Les exactions dont sont capables les arabes et les musulmans dépassent toute imagination. Un char jordanien avait écrasé un palestinien, puis le conducteur du char est descendu de son blindé et a bourré la bouche de sa victime avec un journal… Un comportement qu'aucun militaire israélien n'a eu à Gaza. Aussi, pendant les massacres de Hama en Syrie, des militants des Frères musulmans trempaient leurs mains dans le sang des victimes pour écrire sur les murs : Allah Akbar, gloire à l'islam. Je n'ai jamais entendu qu'un juif ait écrit avec le sang d'un autre juif des slogans à la gloire du judaïsme. Je le dis avec un pincement au cœur : pour sauver l'humanité du terrorisme, il faut que le monde libre se retire et qu'il laisse les musulmans s'entretuer.
(…) Je me souviens quand j'étais étudiante à l'université d'Alep, et quand l'ancien ministre syrien de la Défense Mustapha Tlass était venu nous rencontrer. Dans un élan d'hypocrisie, Tlass nous avait dit qu'« Israël craint la mort et la perte d'un de ses soldats lui fait peur et mal. Mais nous, nous avons beaucoup d'hommes et nos hommes ne craignent pas la mort ». Là réside la différence entre les deux conceptions et les deux camps, et le témoignage de Tlass semble avoir inspiré les dirigeants du Hamas aujourd'hui.
Ainsi, l'extermination de tous les enfants de Gaza importe peu aux dirigeants islamistes et du Hamas, la vie n'ayant aucune valeur pour eux. Ils se réjouissent simplement de la mort de quelques soldats israéliens. Pour les islamistes, l'objectif de la vie est de tuer ou de se faire tuer pour gagner le paradis. La vie n'a donc aucune valeur.
(…) Si le Prophète Mohammed savait que le Juif allait voler un jour à bord des F-16, il n'aurait pas commandé à ses disciples de tuer les juifs jusqu'au jour dernier. Mais ses disciples doivent modifier cette idéologie par pitié pour les générations futures, et pour sauver leur descendance et lui préparer une vie meilleure, loin de l'idéologisation de la mort.
Les musulmans doivent commencer par se changer, pour prétendre changer la vie. Ils doivent rejeter la culture de la mort enseignée et véhiculée par leurs livres. C'est seulement quand ils y parviendront qu'ils n'auront plus d'ennemis. Car, celui qui apprend à aimer son fils plus qu'à haïr son ennemi appréciera mieux la vie. Aussi, jamais la terre ne vaut la vie des personnes, et les Arabes sont le peuple qui a le moins besoin de la terre. Mais paradoxalement, c'est le peuple qui déteste le plus la vie. Quand est-ce que les Arabes comprendront-ils cette équation et commenceront-ils à aimer la vie ?
Source : MediArabes.info, traduction de Chawki Freïha




January 21

Vers un retour en fanfare du général Cuche

Le 1er juillet dernier, deux jours après la fusillade de Carcassonne, Bruno Cuche avait rendu son képi au président de la République © RAVEENDRAN / AFP

Personne ne s'y attendait, mais si nos informations se confirment d'ici quelques semaines, ce sera une surprise de taille ! Désigné démissionnaire d'office le 1er juillet dernier, deux jours après la fusillade de Carcassonne , Bruno Cuche avait rendu son képi au président de la République, qui l'avait accepté. Un mois avant son départ à la retraite, cette éviction avait contribué à aggraver une crise sérieuse entre les armées et leur chef. Selon des sources dignes de foi, et très bien informées, l'incident sera prochainement clos par la nomination de Bruno Cuche, désormais en deuxième section du corps des officiers généraux , au poste très convoité de gouverneur des Invalides.
>
> C'est très précisément celui qui était prévu pour lui avant le drame de Carcassonne, et il était clair que cette perspective était exclue après sa démission. Eh bien non ! Selon nos informations, l'Élysée a procédé ces dernières semaines à une série de consultations, et une source très au fait de ce dossier nous affirme aujourd'hui qu' "à 99 %, c'est fait. Toutes les autorités consultées ont donné leur accord. C'est une bonne idée, et une mesure juste !" Le général Hervé Gobilliard, qui occupe actuellement ce poste, doit officiellement le quitter le 1er juillet. Une "transition douce" se traduirait par une nomination de son successeur lors d'un conseil des ministres en avril ou en mai. Mais rien n'interdit que les choses aillent plus vite, Hervé Gobilliard nommé en 2002 pour cinq ans terminant actuellement sa deuxième année de prolongation .
>
> Si cette nomination se vérifie, ce sera aussi la preuve que Nicolas Sarkozy reconnaît implicitement qu'il avait frappé trop fort en acceptant la démission du général. Ce dernier n'avait pas démérité, et si des fautes avaient été commises à Carcassonne, elles étaient moins de son fait que de celui de la hiérarchie intermédiaire, et bien sûr du sergent fautif d'avoir tiré sur la foule à balles réelles. On a d'ailleurs appris mercredi qu'il venait d'être révoqué de l'armée ...


par Jean Guisnel

January 20

informations sur le Cougar de l’ALAT abîmé en mer au GABON

 

La solidarité de l’UNAALAT dans ce drame qui touche toute notre « famille » en béret bleu est réconfortante et l’active y est très sensible. Soyez-en tous remerciés.

Je me ferai bien évidemment votre interprète auprès du chef de détachement du Gabon, le Lcl MONET, du personnel placé sous son commandement et de leurs familles.

Quelques informations sur les faits afin que les groupements soit au fait des évènements :

Dans la cadre d’un exercice franco-gabonais impliquant le DETALAT GABON, les éléments du 13° RDP et le TCD FOUDRE, un Cougar de l’ALAT à décollé du bateau par nuit de niveau 5 (très noire) et une mer agitée. Il avait à son bord un équipage de 4 hommes et 6 commandos. Juste après le décollage (à bâbord - a priori Cdt de bord aux commandes) il s’est abîmé en mer.

Les moyens du TCD sont immédiatement intervenus et ont pu repêcher 4 personnels dont 3 blessés (membres d’équipage en cabine) et un commando indemne (éjecté à l’impact). Il y a 6 disparus

Parmi les blessés, 2 sont DCD dans la nuit (le Cdt de bord et le pilote), le pronostic vital du MVAVT  n’est pas engagé et il sera rapatrié en France

Ce matin l’épave a été localisée et au moins 5 des 6 disparus aperçus en soute et DCD

L’épave qui est par 35 m de fond sera renflouée.

Une enquête conduite par le bureau enquête accident défense (BEAD) est en cours.

A ce stade de l’enquête, aucune cause précise (humaine et/ou mécanique) ne peut être privilégiée.

Par mesure de précaution, j’ai décidé de suspendre les vols sur Cougar au sein de l’ALAT.

L’équipage avait effectué plus de 200 HdV en 2008 et s’était ré entraîné à l’appontage lundi dernier.

Bilan humain :

- Cne GUERIMAND (Cdt de bord), Mdl (TA) BELMAS (pilote), sont DCD,

- Mdl (TA) ANNE (4° homme en soute), MCH MICHAUD, MCH CHEIX, SGT SHIGETOMI, BCH ROUAT et BRI  LE MAÎTRE (13° RDP) sont disparus et DCD. La relève des corps est en cours.

- Adj BRAQUE (MVAVT) blessé ;

- BCH CAZIER (13° RDP) indemne.

Il s’agit bien sûr d’un coup dur pour l’ALAT qui, même si chaque mort est un mort de trop,  n’avait pas connu un tel « bilan » depuis plus de 20 ans !

Nous tirerons bien évidemment toutes les conclusions qui s’imposent et, si cela s’avérait nécessaire, nous adapterons nos procédures.

Pour autant, les missions de l’ALAT continuent, notamment sur les 7 théâtres d’opérations où elle est engagée avec près de 50 appareils et il est de notre devoir de poursuivre avec le souci permanent de l’efficacité et de la sécurité

 

 

 

 

 

 

 

LE CHEF DES ARMÉES A-T-IL TRAHI

Alain Chevalérias : Colonel Jacques Hogard, qui êtes-vous ?
> Jacques Hogard : Je suis né en 1955 dans une famille d'officiers. J'ai donc été élevé dans la tradition militaire. Mon père servait dans l'infanterie de marine et j'ai passé plusieurs années de mon enfance en Afrique, le suivant dans ses affectations. Tout naturellement, j'ai moi aussi choisi le métier des armes. A ma sortie de Coëtquidan, j'ai choisi l'infanterie, en 1979, puis j'ai rejoint les rangs de la Légion Etrangère avant d'intégrer le 2éme REP. Nous étions dans les années 80, avec les interventions au Liban, au Tchad et en République Centrafricaine. En tant que lieutenant et capitaine, j'ai vécu là quelques années formidables. Puis j'ai suivi le parcours normal, rejoignant l'Etat-major de l'armée de terre à Paris, comme jeune officier supérieur en 1989, pour y préparer l'Ecole de guerre, avant de me retrouver stationné à Djibouti, de 1992 à 1994. J'y ai vécu un séjour très dense. A l'époque, le pays venait de subir une tentative de déstabilisation de la part d'éléments venus d'Ethiopie, puis le déferlement de l'armée érythréenne en déroute, suivi de la rébellion des Afars qui menaçaient la capitale, Djibouti. J'ai personnellement beaucoup de sympathie pour cette ethnie. Ayant vécu adolescent dans ce pays et y étant retourné à plusieurs reprises comme jeune officier du 2ème REP, je connaissais ses qualités et, surtout sa fidélité à la France. De Djibouti, j'ai aussi eu la chance de participer à des interventions, au printemps 1994 au Sud Yémen, mais aussi, auparavant, en 1992/1993, en Somalie, lors de l'opération " Restore Hope ". Un grand spectacle. J'étais le " chef opération " de la force française " Oryx " envoyée aux côtés des forces multinationales sous commandement américain. Mon séjour à Djibouti s'est terminé par l'intervention au Rwanda, en 1994. Puis je suis rentré en France, où j'ai poursuivi ma carrière à la Légion avant de rejoindre le commandement des opérations spéciales (COS), créé en 1992. J'ai encore eu la chance, en 1998-1999, de commander le détachement des forces spéciales chargé d'ouvrir la voie à l'armée française lors de son entrée au Kosovo. J'ai alors eu a posteriori le sentiment de ne plus rien avoir à faire dans l'armée, ayant connu tout ce qui m'y exaltait. Je suis parti le 16 décembre 1999 en pré-retraite. Après un stage de sept mois au centre de perfectionnement des affaires (CPA), à la chambre de commerce, le 1er septembre 2000, j'ai été rayé des cadres de l'armée d'active après 26 années de service.
> A.C. : Parlons du Rwanda ! Quand êtes-vous arrivé au Rwanda, plus exactement dans l'est du Zaïre, l'actuelle RDC ?
> J.H. : J'y suis arrivé fin juin 1994, venant de Djibouti. Nous avons débarqué à Goma, ville zaïroise frontalière avec la Rwanda, qui servait de point de regroupement des forces dédiées à l'intervention française. Nous avions pour mission de mettre un terme, par tous les moyens, y compris la force, aux massacres qui se déroulaient de l'autre côté de la frontière, au Rwanda. Ces derniers avaient éclaté à la suite de l'attentat du 6 avril 1994, perpétré contre le Président du Rwanda, Juvénal Habyarimana, et son homologue burundais, Cyprien Ntaryamira. Nous devions rétablir l'ordre et la sécurité ainsi que, dans la mesure du possible, la concorde nécessaire au dialogue entre les communautés. Goma se situe sur les bords du lac Kivu et avait été choisie en raison de l'existence d'une piste d'aviation en dur, pouvant recevoir de gros porteurs, en l'occurrence les Antonov et les Iliouchine affrétés par l'armée française à d'anciens pays de l'ex-Union Soviétique. Grâce à eux, nous avons pu projeter en un temps record une force de près de trois mille hommes.
> A.C. : Quelles cocardes portaient ces avions ?
> J.H. : Russes et ukrainiennes je crois. C'étaient d'anciens avions militaires réaffectées à des compagnies civiles faisant de l'affrètement aérien.
> A.C. : Mais pourquoi des avions des anciens pays de l'Union Soviétique ?
> J.H. : La France ne possède pas de gros porteurs stratégiques. A l'époque, elle avait demandé aux Etats-Unis de lui fournir les moyens aériens pour transporter ses troupes et leurs équipements au Rwanda. Les Etats-Unis ont refusé car ils étaient opposés à toute intervention française au Rwanda. Il faut souligner d'ailleurs que l'Administration Clinton a tout fait alors pour créer à la France de sérieuses difficultés. L'état-major, avec l'aval du pouvoir, a alors décidé de faire appel aux Russes. Nous avons bien entendu payé l'affrètement des avions mais sans doute les Russes ont-ils accepté sans déplaisir cette mission, goûtant l'ironie de la situation.
> A.C. : De quelle force disposiez-vous pour mettre un terme aux massacres ?
> J.H. : L'opération Turquoise, aux ordres du général Lafourcade, comprenait environ 2800 hommes articulés en trois groupements tactiques. Le premier arrivé, composé de Forces spéciales, était commandé par le colonel Jacques Rosier, le soldat le plus décoré de France. Formé d'un détachement du 1er RPIMa, d'un détachement des commandos Marine et d'un détachement des commandos parachutistes de l'air, doté de ses propres hélicoptères et cargo tactique C160, il était pré-positionné à la frontière du Rwanda, attendant le vote de la résolution 924 du Conseil de sécurité des Nations Unies, permettant à la France d'intervenir au Rwanda à la tête d'une coalition multinationale. Le deuxième groupement, commandé par le colonel Patrice Sartre, était formé d'éléments des Troupes de Marine, en particulier de son prestigieux régiment, le RICM. J'étais pour ma part à la tête du troisième groupement, constitué pour l'essentiel d'unités de combat détachées par les régiments de Légion, en garnison en Afrique ou en France.
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> A.C. : N'était-ce pas un peu surréaliste de charger une force aussi peu nombreuse de mettre un terme aux massacres ?
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J.H. :
Nous disposions en effet d'un effectif ridicule compte tenu de l'ampleur de la mission à mener. Mais les unités déployées appartenaient à l'élite de l'armée française. Et puis, nous avons été néanmoins renforcés par des contingents africains. J'ai eu ainsi sous mon commandement le détachement tchadien. 150 hommes de plus, cela compte beaucoup quand vous n'êtes que 400 ! Ils ont du reste fait un travail remarquable. Nous n'en manquions pas moins de moyens humains, mais le soldat français a de grandes qualités. Il est capable de donner beaucoup de son temps et de sa peine. De doubler, voire de tripler sa capacité de " travail " en prenant sur ses moments de détente et son sommeil.

> A.C. : La France avait signé un accord de défense avec le Rwanda. Quel était-il ?
> J.H. : Nous avions de fait un accord de coopération militaire avec Kigali, signé en 1975 sous Giscard d'Estaing, mais pas d'accord de défense stricto sensu. Des éléments réduits de l'armée française se trouvaient donc au Rwanda en octobre 90 au titre de la coopération militaire, quand la rébellion tutsie, formée en Ouganda sous la tutelle de l'armée de ce pays, a lancé une offensive contre le Rwanda. Bref retour en arrière : tout avait commencé en 1961, lors de l'indépendance. La majorité hutue (85% de la population), s'étant alors révoltée dans le sang contre les Tutsis qui avaient jusque là exercé le pouvoir sans partage, un grand nombre de ces derniers avaient choisi l'exil en Ouganda. Là, ils avaient fait souche et beaucoup d'entre eux avaient intégré la guérilla menée par l'actuel président Yoweri Museveni contre le gouvernement de Milton Obote à Kampala. Quand les guérilleros se sont emparés du pouvoir, nombre de ces Tutsis se sont retrouvés alors à des fonctions importantes dans la nouvelle armée ougandaise. Certains occupaient même des postes de premier plan, comme l'actuel Président du Rwanda, Paul Kagamé, alors numéro deux des renseignements militaires. Il portait le grade de colonel de l'armée ougandaise et avait été formé aux Etats-Unis.
> A.C. : Kagamé est donc bien un compagnon d'armes de l'actuel Président ougandais, Yoweri Museveni...
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J.H. :
Oui, à un moment donné, tous ces Rwandais devenant un peu trop visibles aux yeux de la population ougandaise, Museveni a décidé de les encourager à retourner en force dans leur patrie d'origine, comptant bien du même coup élargir ainsi son influence en Afrique centrale. Pour moi, sans aucun doute, Museveni visait déjà les richesses minières du Kivu, aujourd'hui sous les feux de l'actualité avec les activités guerrières de Laurent Nkunda.
> A.C. : Depuis le mois d'août 2008, au Kivu, ne voyons-nous pas, la répétition du scénario de l'invasion du Rwanda, cette fois-ci à partir de ce pays, contre la République démocratique du Congo, ex-Zaïre ?
> J.H. : Absolument. On voit cette fois Laurent Nkunda, un Tutsi du Congo, organiser une rébellion contre son pays d'origine avec l'aide du Rwanda voisin. En octobre 1990, l'Ouganda de Museveni encourageait les Tutsis, sous le nom de FPR (Front patriotique rwandais), à renverser le pouvoir en place à Kigali. Le président Habyarimana, du Rwanda, voyant son pays attaqué par un voisin et se trouvant en difficulté, demanda l'intervention de la France et du Zaïre. L'armée zaïroise, mal formée et indisciplinée, ne faisait pas le poids. Néanmoins, à l'époque, le Président Mitterrand pensait régler le problème en dépêchant deux compagnies de parachutistes. Sur son ordre, le premier détachement de l'opération Noroît est envoyé en octobre 1990. Renouvelée tous les quatre mois, l'intervention va durer un peu plus de trois ans, jusqu'en octobre 1993. Elle prend fin au lendemain des accords d'Arusha, signés en août 1993, sous la pression des pays occidentaux et principalement de la France. Il faut bien reconnaître à Mitterrand qu'il n'a pas soutenu sans contrepartie le régime du président Habyarimana : " Je vous soutiens militairement, avait-il dit en substance, je vous permets ainsi de rester au pouvoir mais vous allez faire accéder votre pays à la démocratie ".
> A.C. : Oui, parce que ce Habyarimana n'était pas non plus un grand démocrate...
> J.H. : Il était un chef d'Etat africain de son époque, parmi tant d'autres. Autoritaire, paternaliste, son régime reposait sur le système du parti unique. C'était une sorte de " despote éclairé ", chrétien convaincu, qui pratiquait une politique de quotas, accordant 15% des postes aux Tutsis dans l'armée, à l'université et même dans les séminaires où l'on formait les prêtres, la grande majorité de la population, Hutus et Tutsis confondus, confessant le catholicisme.
> A.C. : Il y a beaucoup de pays d'Afrique dans lesquels les minorités ne sont pas représentées du tout dans les structures du pouvoir.
> J.H. : Oui, c'est pourquoi j'ai la prétention de dire que le Rwanda, sous le régime d'Habyarimana, était un pays en voie de développement dans tout l'entendement du terme et sans aucune ironie de ma part. Il disposait d'une organisation administrative réelle, d'un réseau routier en bon état, d'infrastructures, d'une organisation médicale et même de dispensaires dans toutes les communes. Un jour par semaine, la population était invitée à donner son temps pour l'entretien des routes et des espaces publics. Je qualifie le régime de Habyarimana de paternaliste et même d'autoritaire mais ce n'était pas un régime totalitaire comme l'est actuellement celui de Kagamé. On ne constatait pas l'existence de disparitions, d'assassinats, de déportations, de séances de rééducation politique, de tribunaux populaires ou d'arrestations arbitraires. Toutes choses devenues fréquentes, hélas, dans le Rwanda d'aujourd'hui. En décembre 1993, aux termes des accords d'Arusha, les dernières troupes françaises se retiraient du Rwanda et laissaient la place à la MINUAR (Mission des Nations unies au Rwanda),d'un effectif de 2800 hommes fournis par des pays comme la Belgique, le Ghana ou le Bengladesh.
> A.C. : Donc la France n'est plus présente militairement au moment des massacres de 1994...
> J.H. : Non, il n'y a plus de troupes françaises sur le territoire rwandais à partir de décembre 1993. Il ne reste que 17 coopérants militaires, si j'ai bonne mémoire, qui portent l'uniforme rwandais et servent comme assistants techniques. Ils n'ont pas de mission de combat, mais des missions de formation et d'instruction technique. C'est un point important et sur lequel il faut insister. Car l'on a entendu les rumeurs les plus ineptes accusant la France de crimes, qui auraient été commis pendant le génocide. Alors que ses forces armées avaient quitté le territoire depuis plusieurs mois. Je répète donc, au 6 avril 1994, date du début du génocide, la seule force militaire étrangère présente au Rwanda était celle des Nations Unies.
> A.C. : Sous casques bleus donc ?
> J.H. : Oui, sous casques bleus et commandée, par un général canadien, le général Roméo Dallaire qui, huit jours après le début du génocide, a laissé sans protester l'ONU réduire ses troupes des 9/10èmes de leurs effectifs. La MINUAR est ainsi passée de 2800 hommes à 280, sur ordre du Conseil de sécurité des Nations Unies. Une décision aberrante ! S'il avait été un homme responsable et courageux, un officier digne de ce nom, le général Dallaire aurait immédiatement démissionné pour rentrer dans son pays, le Canada. C'est ce qu'a fait récemment le général espagnol Vicente Diaz de Villegas, en octobre dernier, quand au Kivu, il a constaté qu'il ne disposait pas des moyens nécessaires pour mettre un terme aux violences provoquées par l'attaque de Nkunda et de ses rebelles tutsis.
> A.C. : Bien, revenons à votre arrivée à la frontière du Rwanda en 1994. Comme vous l'avez dit, vous participez alors à l'opération Turquoise, mise sur pied suite à une résolution des Nations Unies...
> J.H. : Oui, votée avec l'abstention des Etats-Unis, qui n'ont cependant pas opposé leur veto. Madeleine Albright, alors Secrétaire d'Etat, qualifia aussitôt Turquoise d'"opération anormale ". Comme si l'on pouvait qualifier d'anormale une opération destinée à mettre fin à des massacres sans précédents.
> A.C. : C'est un paradoxe, la France, seule à intervenir avec quelques pays africains pour arrêter l'effusion de sang, se voit aujourd'hui mise au banc des accusés par le gouvernement de Kigali.
> J.H. : Sur ce plan, c'est même la France qui, la première, a parlé de génocide au Rwanda, par la voix de son ministre des Affaires étrangères de l'époque, Alain Juppé. La communauté internationale se taisait. Pire, les Etats-Unis ont tout fait pour l'empêcher d'intervenir.
> A.C. : Pourquoi les Etats-Unis ne voulaient-ils pas d'une intervention militaire pour faire cesser le génocide ?
> J.H. : Nous sommes là au cœur d'un problème qui est toujours d'actualité. En tant que pays, ni le Rwanda ni le Burundi n'intéressent personne : ce sont de petits pays agricoles, surpeuplés, dont le sous-sol, jusqu'à présent, n'a pas révélé de ressources importantes. En revanche, ils sont proches des provinces congolaises du Shaba, l'ancien Katanga, et du Kivu, que les scientifiques s'accordent à qualifier de " scandale géologique ", tant ils recèlent de richesses minières. Récemment, l'intérêt pour le Kivu s'est vu encore croître avec la découverte d'uranium et de coltan, un métal rare très apprécié par les industriels pour ses qualités de résistance à la corrosion.
> A.C. : Les richesses minières du Kivu sont-elles exploitées par le Congo ?
> J.H. : Absolument pas. Reste à se demander qui s'intéresse à cet extraordinaire potentiel minier. Certes, il y a le petit Rwanda, avec à sa tête Kagamé, l'élève de Museveni qui tend à dépasser son maître. Mais je vois derrière cet acteur de premier plan l'ombre des Etats-Unis, du Royaume-Uni et, je le crois aussi, d'Israël. Ces trois puissances, ai-je compris sur le terrain, ont une vision très claire des possibilités de cette région et des enjeux de la guerre, qui s'y déroule pour le contrôle des matières premières.
> A.C. : Avez-vous des preuves de ce que vous avancez ?
> J.H. : Rappelez-vous l'histoire ! Ce sont les Etats-Unis qui ont consacré Museveni à la tête de l'Ouganda. Museveni est un homme des Américains. Il a été cité en exemple par Bill Clinton et qualifié de modèle de " bonne gouvernance " en Afrique, en raison de sa prétendue rupture avec le passé ougandais de corruption et d'abus des droits de l'homme. On voit ce qu'il en est. Aujourd'hui, l'Ouganda de Museveni est un régime totalitaire. On voit aussi les Etats-Unis travaillant à structurer l'alliance entre Kampala et Kigali, entre Museveni et Kagamé. Par exemple, après la victoire de ce dernier au Rwanda, c'est le génie des forces armées américaines qui a refait la route entre les deux capitales. Washington a aussi fourni des blindés M113 et d'autres équipements militaires à l'armée tutsie victorieuse.
> A.C. : Avez-vous été témoin de faits précis ?
> J.H. : Un incident m'a frappé. Quand j'étais le patron de la partie sud de Turquoise, dans le sud-ouest du Rwanda, un beau jour j'ai vu atterrir un C130 américain sans marquage. Une jeep Cherokee en est sortie avec à son bord un lieutenant-colonel des Rangers américains. Il a déclaré s'appeler James Babbit, si je me souviens bien, et occuper les fonctions d'attaché de Défense à l'ambassade américaine à Brazzaville, au Congo. Il parlait notre langue comme vous et moi. Il m'a déclaré : " Je suis affecté comme officier de liaison auprès de votre état-major tactique ". " Officier de liaison, mais avec qui ? Ai-je rétorqué. Il n'y a pas de troupes américaines sur le terrain? " J'ai rendu compte à mon patron, le général Lafourcade qui commandait l'opération. " Oui, les ordres viennent d'en haut, m'a-t-il confirmé. Vous le gardez auprès de vous et vous faites attention ". En fait cet étrange officier de liaison n'avait de cesse de se renseigner, se comportant comme un espion au sein de mon état major. Cela en devenait très pénible. Je ne pouvais pas passer un message chiffré au général Lafourcade sans qu'il ne soit à proximité. J'ai été obligé de lui demander de garder ses distances. Irrité, j'ai écrit sur un carton de rations de combat les mots : " Forbidden to unauthorized persons " et j'ai accroché l'écriteau à l'entrée de la zone du PC dédiée aux transmissions. Piqué au vif, il m'a demandé : " A qui est donc destiné cette pancarte ? " Le regardant droit dans les yeux, j'ai répliqué : " Qui parle anglais ici ? ". Il a grommelé que ce n'était pas très amical. J'ai répondu du tac au tac: " Ce qui n'est pas très amical, c'est la manière dont vous vous comportez ".
> A.C. : Comment cette affaire s'est-elle terminée ?
> J.H. : Deux jours après cet incident, j'ai été réveillé en pleine nuit par un sergent du 2ème Régiment étranger d'infanterie de quart au poste de commandement. Il avait découvert l'officier de liaison américain fouillant dans mon bureau. Par précaution je conservais, avec moi dans une mallette, tous les documents importants. Il ne risquait pas de découvrir grand chose ! Néanmoins, je lui ai demandé ce qu'il faisait là. Il m'a répondu que, n'arrivant pas à dormir, il cherchait " des magazines pour se distraire ". Cet incident m'a permis d'obtenir son départ dès le lendemain matin. Il m'a frappé, parce des camarades du commandement des opérations spéciales m'avaient averti en me disant : " Aux côtés des combattants tutsis, il y a des hommes des Forces spéciales américaines ou des Forces spéciales britanniques ". J'ai fait le lien.
> A.C. : Comment travaillait cet officier américain et, surtout, avec qui était-il en liaison ?
> J.H. : Il était bardé de matériel radio et avait évidement la liaison avec Kigali où se tenait l'état-major de la MINUAR et son chef, le général Dallaire. Or, ce dernier, de notoriété publique, travaillait en parfaite intelligence avec Kagamé. Logiquement, il était aussi en liaison avec des éléments des forces américaines présents dans toute la région. La vraie question c'est que faisaient ces forces américaines et qu'orchestraient-elles sur le terrain ? A travers tous ces petits exemples, on comprend que ce qui se passe depuis le mois d'août dernier au Kivu n'est que la continuation de l'offensive américaine dans la région dont j'ai été le témoin en 1994. C'est un véritable jeu de poupées russes. Au Kivu, vous avez Nkunda, Tutsi du Congo et marionnette de Kagamé, lui-même Président du Rwanda. Au-dessus, tirant les ficelles, on trouve Museveni, l'Ougandais et sa tribu, les Himas d'Ankole, des cousins des Tutsis du Rwanda. A l'étage supérieur, se tiennent les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Dans leur périmètre immédiat, agit Israël, qui s'intéresse beaucoup à la région. Sachez aussi que Tony Blair, l'ancien Premier ministre britannique, est aujourd'hui depuis peu le conseiller officiel de Paul Kagamé. Ce n'est pas un hasard. Lisez, si vous en avez l'occasion l'excellent roman qui s'appelle " Le chant de la mission " et qui a été écrit par John Le Carré. Ce personnage sympathique, néanmoins issu des services spéciaux de sa Gracieuse Majesté, décrit exactement dans cet ouvrage paru en 2006 ce qui se passe actuellement au Kivu. Ce n'est pas prémonitoire mais un véritable décryptage de la situation sur le terrain.
> A.C. : Beaucoup de gens croient que l'arrivée au pouvoir de Barack Obama va changer la politique américaine. Croyez-vous que cela va être le cas en Afrique, dans la région des Grands Lacs ?
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J.H. :
Je crois que passé le temps de l'obamania, on découvrira qu'Obama est un Américain qui défend avant tout sans scrupules les intérêts américains, quelles que soient les qualités de l'individu lui-même. A titre anecdotique, il est intéressant de relever que le père du Président Obama est un Luo du Kenya, une tribu nilotique de l'Est africain relativement proche des Tutsis. D'autre part, Hillary Clinton, le nouveau Secrétaire d'Etat, reste l'épouse de Bill Clinton qui, Président, a soutenu activement Museveni. Je ne pense pas que les choses vont s'arrêter mais, au contraire, qu'elles ne font que commencer. L'Administration Clinton est de retour !
> A.C. : Avez-vous des preuves tangibles d'une intervention israélienne dans ce conflit ?
> J.H. : Rien de tangible mais la présence des Israéliens est révélatrice. Ils ont des conseillers militaires auprès des armées ougandaise et rwandaise. Ils manifestent une détermination remarquable à s'implanter dans la zone francophone, en République Centrafricaine par exemple.
> A.C. : Et en Côte d'Ivoire...
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> J.H. : Vous avez raison de citer la Côte d'Ivoire. Ils s'y installent et ce pour des raisons qui n'ont rien de philanthropiques.
> A.C. : A ce propos, savez-vous que Nkunda, le Tutsi du Kivu s'est converti à l'évangélisme. C'est, comme on dit, un " Born-again ". Il déclare avoir converti ses hommes à cette version intégriste du christianisme. Il porte sur son uniforme un insigne sur lequel on lit écrit en anglais : " Rebelles pour le Christ ".
> J.H. : Oui, cela ne me surprend pas et pose le problème de ces sectes chrétiennes d'origine américaine. Elles sont très actives en Afrique centrale et en Afrique de l'Ouest, comme en Côte d'IvoireLaurent Gbagbo et surtout sa femme, Simone, se sont eux aussi convertis à cette mouvance. Je vois dans cette forme de l'évangélisme un vecteur de pénétration américain pour prendre le contrôle de l'Afrique, plus particulièrement de la zone francophone. Pour revenir au Rwanda, sous le gouvernement du Président Habyarimana, une fraction minoritaire de Hutus, très active, formait l'opposition. On les appelait " Hutus modérés " et ils ont accompagné la montée des Tutsis au pouvoir. Or, beaucoup d'entre eux appartenaient à ces églises protestantes proches de l'évangélisme. Je ne pense pas que ce soit un hasard. Du reste, le FPR a fait assassiner un nombre significatif d'évêques catholiques rwandais, manifestant à l'égard de Rome une haine à peine dissimulée. Cela vaut à une quarantaine de personnalités rwandaises proches de Kagamé et à Kagamé lui-même, d'avoir été mis en examen par la Justice espagnole, avec émission de mandats internationaux pour assassinats perpétrés, en particulier, contre des hommes d'église espagnols. On voit bien que l'Eglise catholique en tant que telle gênant des ambitions.
> A.C. : Quand avez-vous quitté le Rwanda ?
> J.H. : Je n'y suis resté que soixante jours durant l'été 1994. C'est du reste le titre du petit livre que j'ai écrit sur le sujet.
> A.C. : On a vu la France travaillant à pacifier le Rwanda en soutenant les accords d'Arusha. Pourquoi donc ces accusations de génocide portées contre elle par Kagamé ?
> J.H. : A mon avis, le contentieux franco-rwandais repose principalement sur la haine que nourrit un homme, l'actuel dictateur rwandais Paul Kagamé, à l'égard de notre pays. Alors chef de la rébellion et leader du FPR, il s'est rendu en France, en 1992 ou en 1993, pour rencontrer des dirigeants politiques. Paul Dijoud, le directeur Afrique au Quai d'Orsay, l'a fait appréhender à l'hôtel Hilton de l'avenue de Suffren à Paris. Il était accusé de port illégal d'armes. Il a alors passé 48 heures en garde à vue, interrogé par la police française de manière jugée insuffisamment diplomatique. Humilié, Kagamé en a visiblement gardé un très mauvais souvenir. Récemment, il l'a encore répété au Président Sarkozy, lors de leur rencontre à l'assemblée générale des Nations Unies à New York en octobre dernier.
> A.C. : N'existe-t-il pas aussi des raisons d'ordre stratégique ?
> J.H. : Des raisons stratégiques, peut-être. Mais je crois que, d'abord et avant tout, les Français gênaient Kagamé sur la route du pouvoir. En apparence, il a joué le jeu lors des négociations d'Arusha, en 1994, mais ces dernières ne faisaient pas du tout son affaire. Il ne pouvait se résoudre à jouer les seconds rôles dans un Rwanda réconcilié et pacifié. Il voulait le pouvoir absolu, comme il l'a prouvé depuis.
> A.C. : Il fallait que la guerre continue...
> J.H. : Oui il fallait, à ses yeux, que la guerre continue. Il était hors de question pour lui de se contenter d'une position de deuxième ordre. Il savait ne pas pouvoir prendre le pouvoir par les urnes, lui un Tutsi, dans un pays à 85% hutu. Il avait besoin d'un évènement déclencheur pour relancer les hostilités qui lui permettent d'inverser le sens de l'histoire. Voilà pourquoi il a ordonné l'assassinat du président Habyarimana, son prédécesseur. Il savait pertinemment qu'il allait provoquer un cataclysme.
> A.C. : Jusqu'à un génocide contre sa propre ethnie, croyez-vous ?
> J.H. : Je ne sais pas si son calcul, si son cynisme sont allés jusque-là. Il savait cependant que cet évènement à haute valeur symbolique allait enclencher des massacres de grande ampleur et que ces massacres allaient successivement légitimer son intervention, la reprise de la guerre, sa prise du pouvoir et son installation durable à la tête du pays, sans que la communauté internationale ne puisse élever quelque objection que ce soit. Sa légitimité vient du fait qu'il se présente comme celui qui a mis fin à l'abomination des massacres, mais aussi comme un membre de l'ethnie victime. En même temps, de manière très cynique, cela lui permettait de faire le nettoyage des Tutsis de l'intérieur, ceux qu'il méprisait pour être restés en 1961 sous la loi de la majorité hutue. Pour lui ses malheureux frères de race de l'intérieur n'étaient en fait que des renégats et des traîtres à la cause et à la grandeur tutsie ! Kagamé est à la fois un stratège, ce qu'il a montré, et un cynique, ce dont personne aujourd'hui ne plus douter.
> A.C. : Permettez-moi de trouver cela fascinant : nous voyons un chef de guerre instrumentalisant le génocide de son peuple, à la face de l'opinion internationale, pour étendre son pouvoir et son influence avec le soutien des Anglo-Saxons, Américains et Britanniques réunis. Pour cela, il relance la guerre et l'entretient car la fin des hostilités signifierait aussi la fin de son expansion en terme de pouvoir et de territoire. Cela ressemble beaucoup à autre chose...
> J.H. : Oui, cela ressemble beaucoup à autre chose. C'est un schéma connu et assez simple en fait.
> A.C. : A condition de mettre en place une campagne de propagande adaptée...
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J.H. :
Oui, à condition d'avoir recours à la bonne propagande, ce qu'il a eu l'intelligence de faire.
> A.C. : Tout cela pour pousser ses pions vers le Zaïre...
> J.H. : Oui, ce complot destiné à ériger un " empire tutsi " n'est pas seulement un rêve mais aussi une réalité qui prend corps.
> A.C. : Quelle est l'accusation portée contre vous ?
> J.H. : La commission Mucyo, ordonnée par les autorités rwandaises, est supposée établir la preuve des crimes prétendument commis par des Français au Rwanda au cours du génocide de 1994. Des membres de cette commission sont venus clandestinement en France en 2007. Etrangement, ils n'ont jamais cherché à nous contacter, ni moi, ni la plupart des personnalités mises en cause. Le rapport produit par cette commission est accompagné d'un communiqué du Garde des sceaux rwandais. Lui est annexée une liste de 33 noms de personnalités françaises, "les plus impliquées dans le génocide rwandais ", pour reprendre les termes utilisés. Outre ceux de 20 militaires, figurent les noms de 13 civils dont François Mitterrand, d'anciens Premiers ministres, Edouard Balladur, Alain Juppé, Dominique de Villepin, et plusieurs ambassadeurs de France. Mon nom apparaît parmi ceux des vingt officiers accusés. Ce qui est cocasse puisque, comme vous le savez, je ne suis arrivé avec les troupes françaises qu'à la fin du génocide, sur mandat des Nations Unies et justement pour y mettre fin. Auparavant, je n'avais jamais mis les pieds au Rwanda.
> A.C. : Pourquoi les autorités rwandaises se sont-elles lancées dans un montage aussi rocambolesque ?
> J.H. : C'est une affaire politique, la " réponse du berger à la bergère " à la suite des accusations portées par le rapport du juge Bruguière contre les proches de Kagamé, dans le cadre de l'assassinat du Président Habyarimana. Ce rapport a provoqué la rupture des relations franco-rwandaises, il y a maintenant deux ans. Il est à l'origine de l'émission de neuf mandats d'arrêt. Un dixième ne pouvait pas être émis puisqu'il concernait Kagamé lui-même et, qu'en tant que chef d'Etat en exercice, il bénéficie de l'immunité. Les neuf personnes impliquées sont accusées de l'attentat terroriste ayant coûté la vie au président rwandais, à son homologue burundais, à leurs accompagnateurs ainsi qu'à l'équipage français du Falcon présidentiel.
> A.C. : Il s'agit bien d'un acte terroriste, et non de guerre, puisque l'assassinat du Président Habyarimana, de son collègue burundais et de leurs accompagnateurs, a eu lieu après la signature des accords d'Arusha. En outre, si j'ai bonne mémoire, le FPR, le parti de Kagamé, avait obtenu une représentativité au sein de la structure politique rwandaise.
> J.H. : Très exactement. Conformément aux accords qui venaient d'être signés, un bataillon du FPR avait été implanté dans Kigali, au CND, l'ancien Parlement. Kagamé en a profité, pour y faire introduire les missiles sol-air SAM 17 que le commando a utilisé pour perpétrer l'attentat. Le juge Bruguière n'est pas le seul à le savoir. Michael Hourigan, procureur adjoint du TPIR (Tribunal Pénal International pour le Rwanda), de nationalité australienne, l'avait déjà dit. Il a été démis de ses fonctions au TPIR pour cela. Kagamé ne pardonne pas à la France d'avoir clamé haut et fort une vérité qui le gêne.
> A.C. : Comment réagissent les autorités françaises face aux accusations portées contre ses responsables politiques et ses officiers ?
> J.H. : J'ai participé à deux réunions à l'Elysée, il y a déjà quelques mois. L'objectif principal de Kagamé, faut-il d'abord savoir, est d'obtenir le retrait du rapport Bruguière et des mandats d'arrêt émis contre ses proches collaborateurs. Il est en train d'y parvenir, promettant en échange d'oublier le rapport de la commission Mucyo : un compilé de fausses accusations et d'horreurs, de meurtres gratuits, d'actes de torture, et de viols sordides. Les viols occupent une place importante dans ce rapport. Pour répondre à votre question, nous, les officiers mis en cause, avons demandé au Président de la République française, chef des armées, de condamner clairement ce document. Il nous a été assuré que le Président Sarkozy le ferait publiquement début novembre. Nous sommes début décembre et jusqu'à présent rien ne s'est encore produit.
> A.C. : Est-ce pour cela que vous avez décidé de parler à la presse ?
> J.H. : Pas seulement. Nous assistons à un réchauffement rapide et inattendu des relations diplomatiques franco-rwandaises à l'initiative de Bernard Kouchner. Il faut savoir que notre ministre des Affaires étrangères est un ami de longue date de Kagamé. Il l'a rencontré dans les maquis dès 1992. Je pense que sa sensibilité tiers-mondiste a joué un rôle important dans la fascination que le chef de guerre Kagamé a exercé sur lui. Je peux le comprendre car l'homme a du charisme. N'empêche, cela peut paraître incroyable mais Kagamé est l'ami de Kouchner. Un Kouchner défenseur des Droits de l'Homme qui ferme les yeux sur les très graves exactions commises aujourd'hui au Rwanda.
> A.C. : Comment expliquez-vous l'arrestation de Rose Kabuyé, impliquée dans l'assassinat du Président Habyarimana, selon le rapport du juge Bruguière ?
> J.H. : Nous sommes dans le cadre d'une opération montée de toute pièce. Le lieutenant-colonel Rose Kabuye occupe aujourd'hui les fonctions de chef du protocole de Kagamé. Elle a été envoyée en Europe en mission, en pleine connaissance de cause. Les Allemands l'avaient prévenue que, débarquant dans leur pays à titre privé, sans ordre de mission diplomatique, elle serait obligatoirement interpellée, puisqu'un mandat international avait été émis à son nom. Après plus d'un mois d'allers et venues sur le Vieux Continent, elle a été arrêtée à Francfort, le 9 novembre dernier (2008). Extradée vers la France, elle n'a pas été incarcérée, comme on aurait pu s'y attendre, mais retenue dans un grand hôtel parisien, puis dans un appartement tout à fait confortable ! Elle y a même reçu la visite de son mari et de ses enfants et il semblerait, comble de scandale, qu'elle soit prochainement autorisée à rentrer au Rwanda pour y passer les fêtes de fin d'année ! Je ne doute pas un seul instant de l'intervention de Bernard Kouchner pour obtenir ce régime de faveur (2). Preuve du coup monté, elle voyageait avec un passeport normal, et non pas avec un passeport diplomatique, qui l'aurait mise à l'abri d'une arrestation.
> A.C. : Comment Kouchner parvient-il à maintenir une ligne crédible entre Kagamé et l'amitié qu'il vouait à François Mitterrand, quand ce dernier est lui aussi accusé par le rapport rwandais ?
> J.H. : Je n'ai pas de réponse mais on ne peut pas tolérer la mise en cause de l'Etat français. Je ne suis pas un défenseur acharné de François Mitterrand, cependant je sais qu'il n'a jamais été l'inspirateur du génocide. Il a dit : " Je vais contraindre mon ami Habyarimana à plus de démocratie et on arrivera à trouver un arrangement dans la paix et la concorde civile ". Ceci me semble plutôt pavé de bonnes intentions. Alors qu'il soit aujourd'hui accusé d'avoir contribué à la programmation d'un génocide me parait ignoble. Je souhaite vivement que les autorités françaises aient le courage de prendre une position claire vis-à-vis du gouvernement rwandais et de son chef, pour rejeter ces accusations abominables et laisser la justice faire son travail. On nous parle de justice indépendante, c'est le moment où jamais de mettre nos actes en cohérence avec nos principes. N'oubliez pas que l'équipage du Falcon du président Habyarimana était français. Il faut que les familles qui ont légitimement porté plainte puissent constater que Justice est faite ! Il me semble que l'on n'a pas le droit de s'y opposer, fût-ce sous des prétextes diplomatiques.
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January 09

Israël a manqué un rendez-vous avec l’histoire


3 janvier 2009

« Cette guerre l’écrit en lettres capitales : Israël a manqué une chance historique de faire la paix avec le nationalisme arabe laïque. Demain, il pourra être confronté à un monde arabe uniformément fondamentaliste, un Hamas multiplié par mille. »

Juste après minuit, la chaîne arabe Al Jazeera diffusait un reportage sur les événements à Gaza. Soudain, la caméra s’est dirigée vers le ciel nocturne. L’écran était noir. On ne pouvait rien voir, mais on entendait un bruit : celui des avions, un effrayant, un terrifiant vrombissement.

Il était impossible de ne pas penser à ces dizaines de milliers d’enfants de Gaza qui entendaient ce bruit à ce moment-là, se recroquevillant avec effroi, paralysés par la peur, attendant que tombent les bombes.

« Israël doit se défendre contre les roquettes qui terrorisent nos villes du Sud », déclarait le porte-parole israélien. « Les Palestiniens doivent riposter à l’assassinat de leurs combattants à l’intérieur de la bande de Gaza », affirmait celui du Hamas.

En fait, le cessez-le-feu n’a pas été rompu, car il n’y avait pas de véritable cessez-le-feu. La principale exigence pour tout cessez-le-feu dans la bande de Gaza doit être l’ouverture des points de passages à la frontière. Il ne peut y avoir de vie dans la bande de Gaza sans le passage d’un flux d’approvisionnement. Mais ces passages n’ont pas été ouverts, à l’exception de quelques heures de temps en temps. Le blocus sur terre, sur mer et dans les airs contre un million et demi d’êtres humains est un acte de guerre, tout autant que tout largage de bombes ou tirs de roquettes. Il paralyse la vie dans la bande de Gaza, en détruisant la plupart des possibilités d’emploi, en jetant des centaines de milliers de personnes au bord de la famine, en provoquant l’arrêt du fonctionnement de la plupart des hôpitaux, en perturbant l’approvisionnement en électricité et en eau.

 

Ceux qui ont décidé de fermer les points de passage – sous quelque prétexte que ce soit – savaient qu’il n’y a pas de véritable cessez-le-feu dans ces conditions.

 

C’est là le point central. Ensuite, vinrent les petites provocations qui ont été conçues pour provoquer la réaction du Hamas. Après plusieurs mois durant lesquels pratiquement aucune roquette Qassam n’avait été tirée, une unité de l’armée a été envoyée dans la bande de Gaza « afin de détruire un tunnel arrivant près de la barrière frontalière ». D’un point de vue strictement militaire, il aurait été plus judicieux de monter une embuscade de notre côté de la frontière. Mais l’objectif était de trouver un prétexte pour mettre un terme au cessez-le-feu, de telle manière que l’on puisse en attribuer de façon plausible la responsabilité aux Palestiniens. Et en effet, après plusieurs de ces petites opérations dans lesquelles les combattants du Hamas ont été tués, le Hamas a riposté par un tir massif de roquettes. Et voilà – le cessez-le-feu était terminé. Tout le monde a blâmé le Hamas.

 

Quel était le but recherché ?

 

Tzipi Livni l’a annoncé ouvertement : liquider le pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza. Les roquettes Qassam ont seulement servi de prétexte.

Liquider le pouvoir du Hamas ? Cela ressemble à un chapitre de « La Marche Folle ». Après tout, ce n’est pas un secret que c’est le gouvernement israélien qui a mis en place le Hamas. Lorsque j’ai interrogé un jour Yaakov Peri, un ancien dirigeant du Shin Bet, à ce sujet, il m’a répondu énigmatiquement : « Nous ne l’avons pas créé, mais nous n’avons pas entravé sa création. »

 

Pendant des années, les autorités d’occupation ont favorisé ce mouvement islamique dans les territoires occupés. Toutes les autres activités politiques étaient vigoureusement réprimées, mais leurs activités dans les mosquées ont été autorisées. Le calcul était simple et naïf : à l’époque, l’OLP était considérée comme le principal ennemi, Yasser Arafat était le Diable. Le mouvement islamique prêchait contre l’OLP et Arafat, et a donc été considéré comme un allié.

 

Avec le déclenchement de la première Intifada en 1987, le mouvement islamique s’est officiellement rebaptisé Hamas (les initiales en arabe de « Mouvement de résistance islamique ») et a rejoint la lutte. Même à cette époque, le Shin-Bet n’a pris aucune mesure contre eux pendant près d’un an, tandis que les membres du Fatah étaient exécutés ou emprisonnés en grand nombre. Ce n’est qu’après une année que le cheikh Ahmed Yassine et ses collègues ont également été arrêtés.

 

Depuis lors, la roue a tourné. Le Hamas est devenu le nouveau Satan, et l’OLP est considérée par beaucoup en Israël comme étant presque une branche de l’organisation sioniste. La conclusion logique pour un gouvernement israélien recherchant la paix aurait été de faire de larges concessions à la direction du Fatah : fin de l’occupation, signature d’un traité de paix, fondement de l’État Palestinien, retrait aux frontières de 1967, une solution raisonnable au problème des réfugiés, et la libération de tous les prisonniers palestiniens. Cela aurait arrêté la montée du Hamas à coup sûr.

 

Mais la logique a peu d’influence sur la politique. Rien de ce genre ne s’est produit. Au contraire, après l’assassinat d’Arafat [sic], Ariel Sharon a déclaré que Mahmoud Abbas, qui l’avait remplacé, était une « volaille plumée ». On n’a pas autorisé à Abbas d’obtenir le moindre succès politique. Les négociations, sous les auspices américaines, sont devenu une plaisanterie. Le plus authentique chef du Fatah, Marwan Barghouti, a été envoyé en prison à perpétuité. Au lieu d’une libération massive de prisonniers, il n’y a eu que de petits « gestes » insultants.

 

Abbas a été systématiquement humilié, le Fatah ressemblait à une coquille vide et le Hamas a remporté la victoire lors des élections palestiniennes – les élections les plus démocratiques jamais organisées dans le monde arabe. Israël a boycotté le gouvernement élu. Dans la lutte intestine qui s’en est suivi, le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza.

 

Et maintenant, après tout cela, le gouvernement israélien a décidé de « liquider le pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza » – par le sang, le feu et les colonnes de fumée.

 

Le nom officiel de cette guerre est « plomb durci », deux mots provenant d’une comptine enfantine sur un jouet d’Hanukkah.

 

Il serait plus exact de la nommer « la guerre des élections ».

 

Dans le passé, aussi, des actions militaires ont été lancées lors de campagnes électorales. Menachem Begin a bombardé le réacteur nucléaire irakien durant la campagne de 1981. Lorsque Shimon Peres a affirmé qu’il s’agissait d’un gadget électoral, Begin a répliqué lors du meeting suivant : « Juifs, croyez-vous que je voudrais envoyer nos braves garçons à leur mort, ou pire, être fait prisonnier par des animaux, afin de gagner une élection ? » Begin a gagné.

 

Peres n’est pas Begin. Lorsqu’au cours de la campagne électorale de 1996 il a ordonné l’invasion du Liban (opération « Raisins de la colère »), tout le monde était convaincu qu’il l’avait fait afin de gagner des élections. La guerre a été un échec, Peres a perdu les élections et Benyamin Nétanyahou est arrivé au pouvoir.

 

Barak et Tzipi Livni recourent aujourd’hui à la même vieille ficelle. En 48 heures, selon les sondages, le résultat des votes pour Barak lui assurerait cinq sièges supplémentaires à la Knesset. Soit environ 80 morts Palestiniens pour chaque siège. Mais il est difficile de marcher sur un tas de cadavres. Ce succès pourrait s’évaporer en une minute si la guerre était considérée comme un échec par l’opinion publique israélienne. Par exemple, si les roquettes continuent de frapper Beersheba, ou si l’attaque au sol provoque de lourdes pertes israéliennes.

 

Le calendrier a également été choisi méticuleusement sous un autre angle. L’attaque a commencé deux jours après Noël, lorsque les dirigeants américains et européens sont en vacances jusqu’au nouvel an. Avec pour calcul : même si quelqu’un voulait essayer de mettre fin à la guerre, nul ne peut renoncer à ses vacances. Cela garantissait de disposer de plusieurs jours à l’abri de pressions.

 

Une autre raison à présidé au choix du moment : ce sont les derniers jours de George Bush à la Maison Blanche. On pouvait s’attendre à ce que ce sanglant imbécile soutienne la guerre avec enthousiasme, ce qu’il a fait bien sûr. Barack Obama n’est pas encore entré en fonction et a eu à sa disposition un prétexte tout fait lui permettant de garder le silence : « il n’y a qu’un seul président ». Ce silence n’est pas de bon augure pour le mandat du président Obama.

 

La préoccupation principale a été : ne pas répéter les erreurs de la deuxième guerre du Liban. Cela a été répété sans cesse sur toutes les ondes et durant tous les talk-shows.

 

Cela ne change rien aux faits : la guerre de la bande de Gaza est une réplique presque identique de la deuxième guerre du Liban.

 

Le concept stratégique est le même : terroriser la population civile par des attaques aériennes sans relâche, semant la mort et la destruction. Cela ne pose aucun danger pour les pilotes, car les Palestiniens n’ont aucune arme antiaérienne. Le calcul est celui-ci : si toute les infrastructures permettant la vie quotidienne dans la bande de Gaza sont totalement détruites et que l’anarchie totale s’ensuit, la population va se soulever et renversera le régime du Hamas. Mahmoud Abbas reviendrait alors dans la bande de Gaza dans les chars israéliens.

Au Liban, ce calcul n’a pas fonctionné. La population prise sous les bombardements, y compris les chrétiens, s’est ralliée derrière le Hezbollah et Hassan Nasrallah est devenu le héros du monde arabe. Quelque chose de semblable va probablement se produire cette fois-ci également. Les généraux sont des experts en ce qui concerne les armes et la manœuvre des troupes, mais pas en psychologie des masses.

 

Il y a quelque temps, j’ai écrit que le blocus de Gaza était une expérience scientifique visant à savoir jusqu’où on peut affamer une population et transformer sa vie en enfer avant qu’elle ne rompe. Cette expérience a été menée avec l’aide généreuse de l’Europe et les États-Unis. Jusqu’à présent, elle n’a pas réussi. Le Hamas s’est renforcé et la portée des Qassams s’est accrue. La guerre d’aujourd’hui est une continuation de cette expérience par d’autres moyens.

 

Il est possible que l’armée « n’ait pas d’autre choix » que de re-conquérir la bande de Gaza, car il n’y a pas d’autre moyen d’arrêter les Qassams - sauf à parvenir à un accord avec le Hamas, ce qui est contraire à la politique du gouvernement. Lorsque l’invasion terrestre commencera, tout dépendra de la motivation et des capacités des combattants du Hamas vis-à-vis des soldats israéliens. Personne ne peut savoir ce qui va se passer.

 

Jour après jour, nuit après nuit, la chaîne en arabe Al Jazeera diffuse des images atroces : des piles de corps mutilés, des parents en larmes à la recherche de leurs proches parmi les dizaines de cadavres étendus sur le sol, une femme tirant sa petite fille de sous les décombres, des médecins sans médicaments tentant de sauver la vie des blessés. (Al Jazeera en langue anglaise, contrairement à son homologue en arabe, a effectué une étonnante volte-face, diffusant seulement des images aseptisées et reprenant la propagande du gouvernement israélien. Il serait intéressant de savoir ce qui s’est passé là-bas.)

 

Des millions de spectateurs voient ces terribles scènes, image après image, jour après jour. Ces images sont inscrites en leurs esprits pour toujours : horrible Israël, abominable Israël, inhumain Israël. Toute une génération d’ennemis. C’est un prix terrible, que nous allons être obligés de payer longtemps après que les autres résultats de la guerre elle-même auront été oubliés en Israël.

 

Mais il y a autre chose qui s’inscrit également dans l’esprit de ces millions de spectateurs : l’image de ces régimes arabes, passifs, misérables, corrompus.

 

Comme le voient les Arabes, un élément ressort au-dessus de tous les autres : le mur de la honte.

 

Pour le million et demi d’Arabes dans la bande de Gaza qui souffrent terriblement, la seule ouverture sur le monde qui ne soit pas contrôlée par Israël est la frontière avec l’Égypte. C’est seulement par là que peuvent parvenir la nourriture qui permet la vie et les médicaments qui peuvent sauver les blessés. Cette frontière demeure fermée au pire moment d’horreur. L’armée égyptienne a bloqué la seule issue permettant à l’alimentation et aux médicaments d’entrer, alors même que sur les chirurgiens opèrent les blessés sans anesthésie.

 

D’un bout à l’autre du monde arabe résonnent les paroles de Hassan Nasrallah : Les dirigeants de l’Égypte sont les complices de ce crime, ils collaborent avec l’« ennemi sioniste » en tentant de briser le peuple palestinien. On peut supposer qu’il ne désignait pas uniquement Moubarak, mais aussi tous les autres dirigeants, du roi d’Arabie saoudite au président palestinien. En voyant les manifestations dans le monde arabe et en écoutant les slogans on a l’impression que pour de nombreux Arabes leurs dirigeants sont au mieux pathétiques et misérables, au pire des collaborateurs.

 

Cela aura des conséquences historiques. Toute une génération de dirigeants arabes, une génération imprégnée de l’idéologie du nationalisme arabe laïque, les successeurs de Gamal Abd-al-Nasser, Hafez al-Assad et Yasser Arafat, pourrait être balayée de la scène. Dans le monde Arabe, la seule alternative viable est celle de l’idéologie fondamentaliste islamique.

Cette guerre l’écrit en lettres capitales : Israël a manqué une chance historique de faire la paix avec le nationalisme arabe laïque. Demain, il pourra être confronté à un monde arabe uniformément fondamentaliste, un Hamas multiplié par mille.

 

L’autre jour, mon chauffeur de taxi à Tel-Aviv réfléchissait à voix haute : Pourquoi ne pas mobiliser les fils des ministres et des membres de la Knesset, les rassembler en une unité de combat et les envoyer à la tête de la prochaine attaque terrestre sur la bande de Gaza ?

 

Uri Avnery

 


 
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